CHRONOSQUAD 4. Concerto en la mineur pour timbales et grosses têtes (Albertini/Panaccione)

Idée scénaristique de génie, avec le Chronosquad et ses agents chargés de régler les infractions aux lois encadrant les voyages temporels, rythme très soutenu (on passe ici de l’époque du Dévonien au moyen-âge européen en passant par la révolution française en un clin d’œil), touches d’humour, clins d’œil, dessin vif et expressif: on a déjà dit tout le bien que l’on pense de Chronosquad, l’une des séries les plus excitantes du moment, dans nos chroniques des tomes précédents. Il ne restait plus finalement à Panaccione et Albertini (qui ont, soit dit en passant, tenu leur pari éditorial incroyable: sortir les 4 tomes, soit près de 800 pages, en un an!) qu’à lever un dernier doute: prouver qu’ils pouvaient conclure le récit de façon aussi enthousiasmante que ce qu’ils nous ont proposé jusque là ! Et là aussi le défi est relevé avec brio. Car on a le droit, dans ce Concerto en la mineur pour timbales et grosses têtes, à quelques révélations qui valent leur pesant de cacahuètes (sur les parents biologiques de Télonius, par exemple) et surtout, les 2 auteurs parviennent à assembler toutes les pièces de leur puzzle de façon logique, claire et convaincante. Les origines du combat révolutionnaire de Silverberg, le secret de l’identité de ces étranges géants blancs que la J.T.L., une multinationale sans foi ni loi, utilise comme personnel, le retour des 2 adolescents, Céleste et Basky, fugueurs, le rôle joué par Korais dans la création de la prison temporelle du Dévonien: tout cela nous est révélé avec talent dans ce tome 4…Et plus encore, comme ce que décide le lieutenant Penne au sujet de l’éducation de sa fille, l’histoire d’amour entre Djede, venu tout droit de l’Egypte antique et qui a été son compagnon d’infortune pendant si longtemps, et Céleste ou la relation entre Penn et Télonius. Le tout sur fond de révolution socialiste transtemporelle ou de privatisation. Et vous pourrez même assister au concert mythique des Clash au Carnival Against The Nazis de Londres de 1978. Difficile de résister, non ? Une série brillante, dont la fin laisse présager une suite possible…

(Série en 4 tomes – Dargaud)