LES VIEUX FOURNEAUX 4. La Magicienne (Cauuet/Lupano)

Après 17 dates alignées pour la tournée d’été du Loup en slip, Antoine, réquisitionné pour garder la petite Juliette pendant que Sophie jouait son spectacle de marionnettes, et sa petite fille rentre au bercail. Où c’est le branle bas de combat…Leur petite ville est en effet sens dessus dessous depuis que des écolos se sont installés dans les champs de la Berthe pour bloquer le début des travaux d’agrandissement de l’usine Garan-Servier afin de protéger la magicienne dentelée, une espèce de sauterelles rare qui se reproduit par parthénogenèse, qui y a été découverte. Alors que chacun choisit son camp, voilà que Pierrot débarque avec sa bande, les Ni yeux ni maîtres, pour défendre les zadistes…
On n’avait pas encore parlé des Vieux fourneaux dans ces colonnes. Et il fallait vite réparer cet oubli car on tient assurément là l’une des meilleures comédies du moment. Avant tout, parce que le scénario est aux petits oignons, une nouvelle fois centré sur les 3 inséparables vieux copains (eh oui les héros sont ici des papis…) que sont Pierrot, Antoine et Mimille (même si ce dernier est bien moins présent dans ce tome 4 puisqu’il est en vacances en Ecosse). Qui se retrouvent ici avec 2 mystères à éclaircir. Cette fameuse magicienne dentelée qui divise tout le monde (personne n’aime vraiment l’entreprise Garan-Servier mais cet agrandissement signifie qu’il y aura probablement des créations d’emploi et le coin, qui se désertifie de plus en plus -ils ont même « un docteur roumain,maintenant »- en a bien besoin). Et le père de la petite Juliette. Dont Sophie na toujours pas voulu dire le nom…
Voilà le secret de la réussite des Vieux Fourneaux: mêler histoires intimes (secrets familiaux, histoires d’amour) et problématiques sociétales (les migrants, l’utilisation des pesticides dans l’agriculture, les délocalisations, les subventions données par l’état pour créer des emplois qui ne voient pas toujours le jour…) dans des récits au ton léger mais sur lesquels souffle un vent de tolérance et d’humanisme très agréable. Pas étonnant de retrouver Lupano aux manettes…

(Série – Dargaud)