BUG Livre 1 (Bilal)

An 2041. La folie s’est emparée de la Terre. Suite à un gigantesque crash informatique, il n’y a plus aucune donnée numérique disponible nulle part. Plus de codes. Plus d’archives. Si les communications fonctionnent encore, toutes les voitures, avions, ascenseurs, systèmes d’alarme nouvelle génération sont à l’arrêt. Pillages et attaques de banques se multiplient. C’est un véritable chaos. Certaines agences de contre-espionnage soupçonnent l’ordre obscurantiste mafieux basé en Afrique d’avoir fait le coup. Mais il semblerait que le flash d’énergie aspirante de type vampire observé au-delà de l’espace lunaire la veille soit en fait la cause de cet « assèchement » des données informatiques. Le retour de mission sur Mars d’une navette spatiale n’y est certainement pas étranger non plus. D’autant qu’arrivés à bord, l’équipe de sécurité ne trouve qu’un survivant, Kameron Obb. Si le cosmonaute est blessé au cou (c’est en fait par cet orifice qu’un alien de 2 centimètres de long ressemblant à un insecte s’est infiltré dans son corps), il semble aussi posséder une mémoire vertigineuse, comme s’il avait emmagasiné toutes les données web disparues…Si cela se sait, il va rapidement devenir l’homme le plus convoité sur Terre…
Après avoir attiré notre attention sur l’urgence de prendre des décisions pour éviter une catastrophe climatique dans sa trilogie Le coup de sang, Enki Bilal récidive avec Bug en tirant un nouveau signal d’alarme concernant, cette fois, notre dépendance, de plus en plus grande, au numérique. Comme souvent, il a choisi une forme qui lui va bien: le thriller d’anticipation. Ce qui lui permet d’imaginer ce qui se passerait si un gigantesque bug informatique avait lieu. En un mot: le chaos. Sur une Terre qui a tout délégué au numérique et dont les habitants ne sont plus habitués à utiliser leur propre cerveau pour penser, les êtres humains ne sont plus capables de se débrouiller par eux-mêmes sans écrans ni programmes informatiques. Si le propos est très sérieux (Bug n’est pas une comédie, loin de là, et l’intrique est tout à fait plausible), Bilal s’amuse aussi beaucoup avec ce nouveau récit et se montre souvent très sarcastique avec les humains, pointant notamment leur dépendance aux écrans ou leur incapacité à écrire sans faute d’orthographe ou de syntaxe, trop habitués qu’ils sont, désormais, à écrire en langage sms…
Du très bon Bilal, très critique envers ses contemporains, servi, comme d’habitude, par un dessin magnifique et un découpage fluide.

(Récit à suivre – Casterman)