ESSENCE (Bernard/Flao)

BD. On imagine la genèse de ce récit. Flao et Bernard, dont les univers ont tant de points communs (le voyage, l’évasion, l’aventure…), se rencontrent sur un festival et se promettent de travailler ensemble. Flao demande à Bernard de lui écrire une histoire décalée, avec des bagnoles, des références au ciné, à la bd, à la littérature et un peu de poésie aussi. Quelque temps après, Fred Bernard lui présente Essence, avec tout cela dedans. Des bagnoles, déjà. Des Ford Mustang, des Porsche 550 Speester, des Lancia Aurelia Spider. Parce qu’il faut qu’Achille roule pour que cela fonctionne. Quoi ? Qu’il se souvienne de sa mort pour être en paix avec lui-même et pouvoir accéder au paradis. C’est pour cela que Mademoiselle est assise à ses côtés. C’est son ange gardien (en CDD pour l’instant mais elle espère bien passer titulaire…), ici, au purgatoire. Et dès qu’Achille s’éloigne d’elle, son inconscient fait apparaître des choses horribles de son passé pour l’obliger à regarder les choses en face. Dans ces moments-là, Achille erre, dans des lieux bizarres, des bâtiments étranges, en proie à des hallucinations, jusqu’à ce qu’il retrouve Mademoiselle. Ca, c’est pour le côté décalé. Sinon, il y a aussi une course poursuite mémorable, très spectaculaire, avec des russes. Et aussi James Dean qui trace la route, dans la purge. Un professeur de dessin de jeunesse. Et un clin d’œil à Hergé et surtout à Moebius (à son Garage hermétique mais aussi à son trait, dont Flao se rapproche justement ici). Pour un récit vraiment singulier et assez surréaliste. Complètement imprévisible en tout cas car très rock’n roll. Que Flao s’est totalement approprié. D’un trait très libre, vraiment réussi. Tout cela fait d’Essence une parenthèse assez loufoque bien plaisante.

(Récit complet – Futuropolis)