TRUPA TRUPA jolly new songs

Si Headache, leur précédent album, nous avait cueillit sans prévenir, ce Jolly new songs comble des fragilités tout en devenant légèrement plus opaque. On retrouve cette alchimie étrange, sans barrière, qui réunit sous un même toit le rock déviant de Pavement, le psychédélisme de Pink Floyd, et des dérives progressives. Les polonais restent maîtres pour broder des faux semblants de belles et douces mélodies, en réalité piégées à l’acide. Les morceaux de Trupa Trupa sont toujours troubles, renfermant sans en avoir l’air une ambiance plombée et flippante.
Le groupe est à son top quand ils me font croire que Stephen Malkmus s’est installé à Varsovie, avec pour mission de rajeunir le répertoire du Pink Floyd d’avant 1975. J’aime toujours cette peur délicate qu’évoque leurs morceaux, comme celle qu’on ressent à l’envie de se baigner dans un lac la nuit en se demandant si un monstre n’y est pas caché. Mais sur ce Jolly new songs, les ambiances planantes s’étalent, et l’abstrait prend un peu trop ses aises. L’élastique ne cesse de se détendre, et il faut admettre qu’une certaine agitation commence à manquer (fort heureusement rattrapée par l’excellent To Me qui clôture l’album). Mais une chose est sûre : voilà un album surprenant, un ovni, comme en pondait à l’époque Animal Collective. Une sorte de live à Pompéï polonais pourrions-nous dire si nous nous lâchions un peu…

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