MOANING s/t

ALBUM. Difficile de croire que Moaning sort là son premier album tant ces 10 titres font preuve de caractère et de maturité. L’histoire est belle pour ce trio de gamins (ils ont à peine la vingtaine) de Los Angeles. Remarqués par Alex Newport qui leur propose de les enregistrer, Moaning se voit dans la foulée signé sur Sub Pop. Et on comprend pourquoi à l’écoute de ce premier effort: leur post-punk abrasif et tendu est aussi efficace qu’addictif. Difficile en effet de résister à l’urgence sombre d’un Don’t Go désenchanté qui ouvre idéalement les débats ou au refrain marquant d’Artificial, aux accents Interpol. Clairement influencés par la musique des années 80 (on le sent notamment dans leur attirance pour le shoegaze, dans les synthés new wave ou le chant), Moaning n’hésite pas à brouiller les pistes et à parfois construire des murs de guitare à la My Bloody Valentine ou Slowdive. La rage et la frustration du groupe les voient même aller titiller Metz sur son terrain noise-rock sur Somewhere in There qui clôt parfaitement l’album. Et même quand le groupe ralentit le tempo et calme le jeu sur les plus mélodiques For Now ou Misheard, il s’en sort avec les honneurs. Quant au chant désabusé de Sean Solomon, il finit de donner de la personnalité à ce premier album qui parvient à être assez varié sans se disperser. Une très belle trouvaille pour Sub Pop !

(Sub Pop)

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