THE END (Zep)

BD. Tout comme nous, vous avez été surpris par Un bruit étrange et beau ( qui brosse un portrait aussi fort que sensible d’un moine chartreux) qui nous a fait découvrir une facette de Zep que l’on ne soupçonnait pas ? Eh bien, autant vous dire que vous allez prendre une nouvelle claque graphique avec The End, qui enfonce clairement le clou ! Captivant, cette sorte de thriller écologique met en scène un scientifique et son équipe (dont Théodore, stagiaire qui vient de les rejoindre) dont le sujet d’étude porte sur les arbres. En fait, quelques années auparavant, le professeur Frawley a réussi, à partir d’une feuille d’érable emprisonnée dans la glace depuis 100 000 ans, à prouver que l’ADN de l’arbre présentait un agencement chronologique qui semblait courir sur 4,5 milliards d’années. Comme si la Terre avait, depuis son apparition, partagé sa mémoire avec les arbres. Frawley a appelé cela le Codex Arboris. Le problème, c’est que ce Codex n’a pu être observé sur des arbres actuels, à qui il manque des paires de chromosomes par rapport à cette feuille plus ancienne. La théorie de Frawley est que les arbres réagissent à notre présence. Dés que l’Homme entre dans leur environnement, ils activent une protéine qui détruit le Codex. Comme si la Terre ne nous jugeait pas dignes de partager son Histoire avec nous, à cause de ce qu’on lui fait subir. A moins que cela ne soit pire que ça: qu’elle veuille délibérément nous cacher quelque chose d’important qui nous concerne…
Difficile de résumer le scénario de The End (même si ce titre donne déjà un indice non-négligeable…) sans trop en dire ni gâcher le plaisir de la découverte de cette histoire aussi sombre que perturbante. En tout cas, son réalisme (il tire ses racines d’histoires vraies et de recherches scientifiques très sérieuses sur les arbres) rend d’autant plus flippant ce plaidoyer écologique aussi vibrant que convaincant porté par le trait délicat de Zep qui met parfaitement en exergue la beauté (et la fragilité…) de la nature qui nous entoure. Une grande réussite. Après The End, vous ne regarderez certainement plus les arbres de la même façon…

(Récit complet, 92 pages – Rue de Sèvres)

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