CURIOSITIES (Lacombe)

MONOGRAPHIE. 15 ans, déjà, que Benjamin Lacombe éclabousse de son talent le monde de l’édition. C’était donc le bon moment de faire une pause et de se retourner pour contempler le travail accompli. C’est ce que les éditions Daniel Maghen nous proposent de faire avec cette superbe monographie (la première de l’auteur!) à l’édition particulièrement soignée, ce qui ne surprendra pas ceux qui sont familiers de cet éditeur…Divisée en chapitres thématiques, Curiosities revient donc sur l’Oeuvre de Benjamin Lacombe. Son enfance (si importante pour lui puisque c’est elle qui influence continuellement son travail), l’apport de la nature ou des contes à ses livres, l’Asie, l’Histoire, le gothique, l’étrange: chaque partie est l’occasion d’en apprendre davantage sur l’auteur et, surtout, sur son travail. Car si Lacombe se livre, un peu (chaque chapitre s’ouvre sur une présentation rédigée par ses soins), Curiosities fait surtout la part belle à son fantastique travail d’auteur et d’illustrateur (il suffit de voir ce qu’il est capable de faire simplement armé d’un crayon, comme sur L’Ombre du Golem, pour se rendre compte que Lacombe est tout simplement un surdoué), proposant de nombreux extraits de ses œuvres ainsi que des documents rares (les plus intéressants, bien sûr), comme des travaux préparatoires proposés en vis à vis des dessins finalisés, des affiches de concerts ou des photographies de son atelier, où on le voit parfois à l’œuvre.
Une belle occasion, en tout cas, de passer de l’autre côté du miroir et de découvrir les petits secrets de cet univers qui lui permet de fuir le réel et de se réfugier dans un monde fantasmé digne des contes. Un univers esthétiquement attirant mais qui n’empêche pas la mélancolie de transpirer.
Un régal pour les yeux que ce beau livre, indispensable pour les fans de Lacombe, qui permettra de nous faire patienter jusqu’au retour de l’auteur au 9e Art (quel dommage, soit dit en passant, que ses incursions dans la bande dessinée soient si rares…) avec la suite du très bon Léonard et Salaï.

(Monographie, 304 pages – Daniel Maghen)

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