ASPIRINE 1 (Sfar)

BD. Aspirine est en pleine crise d’adolescence. Elle en veut à tout le monde et est continuellement en colère. Elle trouve que c’est con les gens heureux. Et elle est jalouse de sa sœur: de son cul et de ses nichons de 23 ans. Et est bien sûr persuadée que tous les adultes sont débiles. Normal elle a 17 ans ! Sauf que notre (anti-)héroïne est une vampire et que cela fait 300 ans que ça dure. En gros, elle est prisonnière d’une crise d’adolescence qui durera éternellement. Alors elle balance des profs du haut des toits de Paris et arrache les cœurs des mecs qui l’emmerdent…
Sfar qui s’attaque à la crise de l’adolescence, cela donne forcément quelque chose comme Aspirine: délirant, imprévisible, insaisissable. Une sorte d’auberge espagnole graphique où l’auteur radiographie, à sa façon, cette période compliquée à comprendre (il le sait, ses enfants doivent être en plein dedans en ce moment…) tout en y ajoutant de la philo, une théorie originale sur le strabisme de Sartre (« mais bon, comme il était connu, ça l’a pas empêché de tringler ») et une plongée vraiment bien vue (ça sent le vécu…) dans la tête d’un fan de jeux de rôles (le genre qui tire les dés pour influer sur sa vraie vie, n’a pas de relations sexuelles et ne met pas de déodorant…). Et ça parle beaucoup, comme souvent chez Sfar. Le choix d’une héroïne vampire lui permet bien sûr d’épaissir le trait mais les principales caractéristiques de l’adolescence sont là: angoisses, complexe d’infériorité, mal-être, désintérêt pour tout, impression d’être incompris par les adultes…Mais en version XXL. Le récit a bien sûr quelques moments plus faibles mais sa singularité (avec une mise en image aussi spontanée, voire désinvolte par moments, que d’habitude) l’emporte.
Par contre, difficile de savoir s’il y aura une suite…La fin est très ouverte et donne la possibilité de sortir un second tome (d’autant qu’il y a un « 1 » écrit sur la tranche) mais la quatrième de couverture annonce « histoire complète ». Mystère. Cela dépendra probablement de l’humeur de Sfar…

(Récit complet – Rue de Sèvres)

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