BALLADE POUR UN BEBE ROBOT (Villani/Baudoin)

BD. Une collaboration (c’est en fait la deuxième) entre Edmond Baudoin, que l’on connaît bien, et Cédric Villani (vous savez ce mathématicien aux cheveux mi-longs qui cultive une certaine originalité et porte toujours une lavallière au cou) qui obtint l’équivalent du prix Nobel de mathématiques en 2010 ? On était clairement curieux de voir ce que cela pouvait donner !
Et même si l’on casse d’emblée le suspense, on n’a pas été déçu par cette rencontre qui allie l’inventivité graphique de l’un et la singularité de l’autre. Mais qu’est-ce que ce Ballade pour un bébé robot au juste ? C’est avant tout une enquête menée par 2 androïdes, North 2 et Quang 1, sur une planète très lointaine que les Humains ont totalement créé à distance pour pouvoir un jour venir y habiter en cas de besoin. Une investigation qui les mène dans les milieux rebelles qui complotent contre le Système, le régime autoritaire qui régit la marche de cette planète habitée par des robots et limite les libertés en interdisant toute référence à l’histoire et à la culture, par exemple. Mais c’est aussi et surtout une rêverie pleine de poésie et…de mathématiques (puisque l’on y croise Gausse ou Méchain…) qui démontre que beauté et espoir peuvent venir à bout de tout, même des dictatures. Tout en rendant un bel hommage (c’est grâce à elle que les dissidents vont réussir à infiltrer le Système et à le détruire, une belle idée) à la chanson française des années 70, Henri Tachan et Mama Béa Tekielski (c’est une de ses chansons qui donne son titre au récit) en tête. Et un appel à plus de liberté et à moins de mercantilisme. Avec beaucoup de discussions philosophiques tout autour, questionnant notamment ce qui fait l’essence de l’Homme. Entre autres choses…
C’est très surprenant, pas toujours facile à suivre (certaines scènes sont denses) mais au final assez réjouissant car très éloigné de ce qui se fait habituellement en bd. Et le travail graphique de Baudoin (un trait noir au pinceau), peu académique comme à son habitude, fait des merveilles, parvenant à mettre en images idées et concepts avec talent. Une curiosité à découvrir.

(Récit complet, 256 pages – Gallimard)

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