NADA (Cabanes/Manchette)

BD. Deux anarchistes, Buenaventura Diaz et Benoit D’Arcy, ont monté un groupuscule terroriste avec Meyer, un serveur de bar, et Treufais, un prof de philo qui les a aidés à rédiger leur manifeste : Nada. Ils ont même leur premier coup en tête : kidnapper l’ambassadeur américain quand il se rendra à son bordel préféré, le Club Zéro. Mais ils ont besoin de l’aide d’un militant aguerri pour cela. Ca tombe bien : Epaulard vient de rentrer en France après avoir combattu avec le FLN algérien et traîné au Mexique et à Cuba…
Après Fatale et La princesse de sang, Doug Headline et Max Cabanes continuent d’adapter l’œuvre de Jean-Patrick Manchette en bande dessinée avec ce polar à la française aussi brutal que sombre. Gouvernements magouilleurs, policiers moutons, prolétariat exploité, révolutionnaires manipulés…même les relations sexuelles n’ont pas de saveur dans ce Nada désenchanté de bout en bout, qui n’a finalement qu’un vainqueur : l’état.
Linéarité de la narration, nombreux récitatifs mettant en valeur la prose cinglante et souvent ironique du romancier ou impression d’inéluctable qui se dégage de Nada : fort logiquement (Headline est le fils de l’écrivain), le duo Cabanes/Headline livre ici une adaptation très respectueuse, mais bien senti !, du roman de Manchette. Et côté dessin, Cabanes fait clairement le job avec ce trait nerveux qui sert très bien le récit. Une belle occasion de (re)découvrir l’univers très noir de Jean-Patrick Manchette.

(Récit complet, 190 pages – Aire/Dupuis)

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