ANDY, un conte de faits (Typex)

BD. 5 ans. Voilà le temps qu’il a fallu à Typex pour venir à bout de ce projet pharaonique : raconter la vie (et l’époque) d’Andy Warhol en 562 pages. 5 ans passés à se plonger dans les biographies de l’artiste, à s’imprégner de ses œuvres, à rencontrer ceux qui l’ont connu pour mieux saisir la personnalité complexe de celui qui restera l’un des artistes les plus célèbres du XXe siècle. En 10 chapitres, Typex revient donc sur 10 moments clés de la vie d’Andy, né Warhola (c’est une coquille, à ses débuts, qui lui donna l’idée de laisser tomber ce « a » trop peu viril selon lui…). De son enfance passée dans un foyer de Pittsburgh où l’on parlait slovaque (ses parents n’arrivèrent aux Etats-Unis qu’en 1912) à sa volonté farouche de devenir célèbre en passant par ses premiers émois homosexuels ou ses rencontres décisives avec le galeriste Léo Castelli, Henry Geldzahler, le premier conservateur du Metropolitan Museum of Art ou avec Gérard Malanga, avec qui il réalisa ses fameuses sérigraphies (les Marylin, les boîtes de soupe Campbell, les Mao…), c’est toute l’existence d’Andy Warhol qui défile sous nos yeux hallucinés (du temps de la Factory, Warhol était constamment entouré de poètes junkies, d’artistes obsédés ou de gens travaillant pour lui qui passaient le plus clair de leur temps à baiser et à se droguer) et avec elle une bonne partie de la vie artistique new-yorkaise aussi. Ainsi David Bowie, Lou Reed, Jim Morisson, Keith Haring ou Jean-Michel Basquiat apparaissent régulièrement dans le récit passionnant de Typex. Qui a privilégié un format fleuve pour tenter de cerner le mystère Warhol. Hypocondriaque, peu sûr de lui, homosexuel qui ne s’assuma jamais devant sa mère (et avec laquelle il vécut pourtant jusqu’à la fin de sa vie…), artiste doué mais qui fit rapidement le choix du business au détriment de son art, provocateur sans le vouloir, superficiel, égoïste : Andy Warhol n’avait pas forcément le profil ni le charisme pour devenir une star mais il s’est un peu trouvé au bon endroit au bon moment…
Sincèrement, cette première biographie de Warhol en bande dessinée risque bien aussi d’être l’une des dernières. Inventive (l’auteur a changé de technique graphique à chaque fois qu’il passait à une autre époque), explicite et honnête (la biographie est loin d’être complaisante car Typex ne cache rien du côté obscure de Warhol) : Typex a en effet placé la barre très haut avec son Andy. Livre dont il a fait, cerise sur le gâteau, un vrai objet pop-art avec sa première de couverture aux couleurs vives ou sa tranche argentée. Un must !

(Récit complet, 562 pages – Casterman)

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