ADULT + KATZKAB, l’âge de raison

Paris, Petit Bain, Mercredi 28 novembre 2018

Voilà vingt ans que le duo américain Adult dispatche sa bonne parole, entre electro-punk, darkwave, et techno analogique. Vingt ans que le couple Nicola Kuperus et Adam Lee Miller trace sa route, sans interruption. Leur passage à Paris était une excellente occasion pour voir ce que ces deux là devenaient…

Mais avant, j’étais heureux d’enfin pouvoir croiser le chemin de Katzkab, le groupe composé de deux anciens Katzenjammer Kabarett, dont l’actuel synthé de Plomb. Et leur patchwork musical possède quelques atouts… Les influences, nombreuses — post-punk, cabaret rock, batcave, deathrock, etc.— se télescopent quitte à nous perdre un peu. Mais la troupe maîtrise son sujet, et dégage une bonne énergie. La chanteuse, dont on sent une certaine fragilité masquée derrière son personnage, est touchante et oscille entre énergie punk et dérives gothiques, comme un personnage de manga punk. Et quand le groupe balance ses plans post-punk, à l’allemande, ça fonctionne à merveille. Je suis plus sceptique sur les enchainements abracadabrants, et les numéros d’équilibristes, qui ont tendance à me faire sortir du trip, mais c’est leur marque de fabrique… histoire de garder cette touche cabaret rock, et cirque gothique. Bref, l’énergie est bonne, et pour une première rencontre, il y a de quoi être satisfait.

Les lumières se tamisent, la fumée envahit la scène. Le freak show d’Adult peut commencer. Et dès les premiers morceaux, on sait que nous sommes partis pour un set très electro, tendance techno, avec des sonorités plus proches de leurs deux derniers albums. Beaucoup moins d’anciens morceaux, et peu de post-punk ce soir. Lui derrière ses machines, elle devant, bras grand ouverts, lancée dans une danse incantatoire. Toujours en noir. Et les beats qui cognent. Des premiers aux derniers rangs , le public danse. Les vieux rockers comme les clubbers, tout le monde dandine dans une bonne ambiance générale. Ce soir, on se croirait dans un club de Berlin. Et les américains de Détroit le font très bien. Surtout quand, lors du rappel, le couple reprend à sa façon (très personnelle) le No Tears de Tuxedomoon… sans doute, mon moment préféré du concert. Mais je dois avouer avoir un peu regretté de ne pas avoir mieux entendu la voix de Nicola, souvent passée dans des effets, mixée derrière les synthés, et de ne pas avoir pu entendre les tubes plus anciens… Du haut de ses 20 ans Adult a préféré présenté son nouvel album et faire danser le public parisien sur cette techno tribale invoquant la coldwave et l’analogique des années 80. Cela avec beaucoup de cœur et de simplicité. Et c’était bien aussi.

 

photos : Mr Rage

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