CURSIVE Vitriola

ALBUM. Il y a des jours comme ça… On n’a rien demandé à personne et on se prend, sans le voir venir, un grand coup derrière la tête. Tout ça parce que l’on est tombé sur Vitriola. Nouvel album de Cursive, groupe dont on n’avait pas entendu parler depuis à peu près… 20 ans. Un temps où on écrivait encore pour Kérosène… Un groupe que l’on avait, il faut bien l’avouer, totalement oublié. Non à cause d’un Alzheimer précoce mais tout simplement parce qu’on n’avait plus croisé son chemin depuis. Pour tout dire on pensait même que ce groupe américain avait disparu en même temps que l’émo. Eh bien on avait visiblement tort puisqu’il sort là son huitième album ! Le premier pour Big Scary Monsters, label britannique qui a plutôt bon goût puisqu’il compte également Pedro The Lion, We Were Promised Jetpacks (dont on a chroniqué le dernier album récemment) ou American Football dans ses rangs. Et il semblerait que l’on ait bien choisi notre moment pour recroiser la route de Cursive : le batteur d’origine est de retour, tout comme Mike Mogis, le producteur fétiche du groupe, et surtout parce que Vitriola est des plus inspiré. L’indie-rock de Cursive, qui a gardé quelques traces de sa période émo, fourmille en effet de très bonnes idées. Au bout de tout ce temps, les mecs savent ce qu’ils veulent et ils font leur truc sans se poser de questions : les 10 morceaux ont, du coup, beaucoup de personnalité et parviennent à tenir en haleine jusqu’au bout du bout (même le dernier morceau (de bravoure), Noble Soldier/Dystopian Lament, ne lasse pas malgré ses plus de 7 minutes) en faisant intervenir des instruments que l’on attend, a priori, pas là (comme ce violoncelle, très présent ou le piano de Remorse) ou grâce à des sons de synthé inattendus ou encore des breaks assez surprenants. Spontanément, si on nous le demande, on citera le sensible It’s Gonna Hurt et son petit côté 3 Mile Pilot, Under The Rainbow et son refrain imparable ou le plus surprenant, et syncopé, Ouroboros comme les morceaux les plus marquants. Mais à bien y regarder Vitriola ne comporte finalement aucun temps faible. Souvent véhément, passionné et dissonant (pas étonnant puisqu’il s’en prend à l’Amérique triste et désespérante de Trump), tout en restant touchant et mélodique, Vitriola est vraiment une très bonne surprise !

(Big Scary Monsters)

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