LA PRINCESSE DE CLEVES (Bouilhac et Muller, d’après Mme de La Fayette)

BD. 1558. Mme de Chartres a décidé d’introduire sa fille à la cour du roi Henri II. La jeune femme vient en effet d’avoir 16 ans et elle qui l’a élevée seule (elle est veuve) doit désormais lui trouver un mari. Qu’elle aurait aimé être le chevalier de Guise mais le cardinal de Lorraine a fait savoir qu’un tel mariage serait rabaissant pour sa famille. Alors ce sera le prince de Clèves, un bon parti tout de même, très éperdu, qui plus est, de la belle jeune femme. Tout le monde semble donc heureux une fois le mariage célébré quand le prince de Nemours, dont la beauté a fait le tour de l’Europe entière, arrive à la cour. Et lorsque son regard croise celui de la princesse de Clèves, je vous le donne en mille : les 2 êtres tombent immédiatement sous le charme l’un de l’autre…

Pourquoi adapter aujourd’hui un classique qui peut paraître un peu vieillot comme La princesse de Clèves ? Pour faire de nouveau entendre la langue, belle et châtiée, de Madame de La Fayette ? Pour avoir le plaisir de reconstituer (le dessin de Bouilhac est formidable) tout le décorum de l’époque : les magnifiques toilettes des courtisanes et princesses, les châteaux à la superbe architecture et leur décoration intérieure ou les partis de Jeu de Paume ? Pour nous plonger dans les intrigues amoureuses des cours royales où séduction rime avec bonnes manières et diplomatie ? Ce serait déjà 3 bonnes raisons mais la plus convaincante est certainement que le roman traite d’un thème atemporel : l’Amour ! Et ses corollaires : le jeu de la séduction, la fidélité, la jalousie, l’adultère. L’Amour qui transporte les êtres mais peut également rendre malheureux, comme la princesse de Clèves. Une très belle adaptation, en tous points réussis (on a déjà parlé du travail graphique mais la narration à 4 mains est toute aussi inspirée), fidèle au roman tout en étant audacieuse (les auteurs ont imaginé un prologue et un épilogue mettant en scène Mme de La Fayette et expliquant la genèse du livre) signée Muller et Bouilhac !

(Récit complet, 216 pages – Dargaud)


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