TRANSPERCENEIGE – EXTINCTIONS Acte 1 (Matz/Rochette)

BD. A l’instar de son train qui doit perpétuellement avancer à vitesse constante pour assurer la survie de ses passagers, Rochette n’a visiblement pas envie que Transperceneige s’arrête. Il faut avouer qu’il était tentant, après la série d’origine lancée avec Lob, puis Terminus (qui imaginait ce qui adviendrait lorsque le train serait forcé de s’arrêter), pour lequel l’auteur s’est adjoint les services d’Olivier Bocquet, de raconter les origines du Transperceneige. Pour Extinctions, récit prévu en 3 tomes, c’est cette fois Matz (Le tueur, Le travailleur de la nuit…) qui rejoint Rochette au scénario. Le binôme imagine donc ici ce qui a poussé son créateur à concevoir ce train expérimental légendaire. Et la réponse tient en 2 mots : l’Homme ! Comparé ici à un parasite qui a trop sucé le sang de son hôte, notre planète, devenue du coup complètement exsangue. Son arrogance alliée à la course au profit aveugle et à la pollution ont totalement essoufflé la Terre. A tel point que les scientifiques estiment, lorsque le récit commence, qu’elle ne peut plus nourrir que 500 millions d’habitants. Alors que les tensions montent de par le monde, les attitudes face à la catastrophe annoncée différent : les plus riches, les « proppers », se construisent des bunkers pour se protéger, les Wrathers ont eux décidé de perpétrer des actes violents contre organisations ou individus s’en prenant à notre planète. Les Apocalypsters, menés par le brésilien Marcio, estiment quant à eux qu’il faut repartir sur des bases nouvelles. Et pour cela, ces eco-warriors radicaux entendent faire table rase du passé et des exactions des hommes en organisant des sabotages visant à l’extinction de 99% de l’Humanité…Quand Zheng, milliardaire visionnaire chinois féru d’innovations technologiques, l’apprend, il accélère la mise au point de son train révolutionnaire fonctionnant avec un moteur autonome créé pour ne jamais s’arrêter qui pourra sauver une partie de l’Humanité ainsi que des centaines d’espèces de plantes ou d’animaux.

Un monde prêt à basculer dans le chaos que Rochette met en images d’un dessin idoine, très sombre, avec des aplats de noirs et des hachures omniprésents. Un travail graphique fort qui concourt bien sûr pleinement à la grande réussite du tome d’ouverture de ce thriller d’anticipation aussi effrayant que réaliste. Car depuis le signal d’alarme tiré par Lob et Rochette en 1984, on ne peut pas dire que la situation se soit améliorée. C’est même plutôt l’inverse qui s’est passé…Une suite très inspirée pour ce récit de SF mythique.

(Récit en 3 actes, 96 pages – Casterman)

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