UN DESTIN DE TROUVEUR (Gess)

BD. Emile Farges a un Talent : il est un Trouveur. Il peut localiser, grâce à une carte et un caillou, quelqu’un que vous recherchez. Suivant les préceptes de son père, il a cependant décidé de mettre son don au service du bien en travaillant pour la police. Notamment pour retrouver le saigneur, un tueur en série qui sévit dans ce Paris de la fin XIXe. Un jour qu’il rentre chez lui, ce ne sont pas sa femme et sa fille qui sont là pour l’accueillir mais une boîte renfermant une main coupée. Un cadeau signé La Pieuvre, la puissante mafia parisienne, qui veut ainsi lui signifier qu’elle a besoin de ses services. Et qu’il a plutôt intérêt à coopérer s’il veut revoir ses 2 amours vivantes…

Après La Malédiction de Gustave Babel, Gess poursuit l’exploration de cet univers qu’il a créé en solo avec ce nouveau récit des Contes de la Pieuvre : Un Destin de Trouveur. Où l’on retrouve tout ce qui fait le charme de cette série : cette ambiance de thriller glauque et sombre (meurtres et autres agressions sont monnaie courante dans la pénombre des petites ruelles malfamées de la capitale), les valeurs humanistes mises en avant par l’auteur (les différents chapitres de ce récit sont d’ailleurs introduits par un extrait d’une œuvre de Rousseau) : liberté, nécessaire combat pour les droits des femmes avec les Sœurs de l’ubiquité, une bande de féministes qui punissent des hommes violents ou violeurs et cette sympathie affichée pour la cause libertaire qui n’est pas pour nous déplaire. Sans oublier ce côté fantastique qui fait sa singularité, avec ces différents Talents (Trouveur, donc, mais aussi Hypnotiseur, Coriace, Visionneur ou Renifleur) cachés parmi la population. Autant d’aspects qui font l’originalité des Contes de la Pieuvre mais seraient vains s’il n’y avait ici l’essentiel : une bonne intrigue (forte et pleine de vie. Car il y a de l’Amour, de la jalousie, de la tristesse, du sacrifice et de la haine ici). Menée tambour battant par l’auteur et portée par un trait très fluide. Bref, on est conquis par l’univers que Gess a créé !

(Récit complet, 224 pages – Delcourt)

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