KEBEK 1. L’éternité (Gauckler)

BD. Roy Koks se trouve dans une voiture escortée jusqu’à l’aéroport. Une dernière fois, il est revenu sur les lieux où tout a commencé, le site de la mine de diamant « La Grande Ourse » situé au Québec, dans la baie James. A la demande de son avocat, il raconte tout ce qui s’est passé depuis le début de l’affaire : l’effondrement d’une partie de la mine puis la découverte de cette sphère gigantesque de diamant noir, l’emballement des médias, la protection du site, la mise en place d’une équipe de recherches pour déterminer l’origine de l’UGO (Unidentified Geological Object) et les suites à donner à cette découverte mais aussi les premières tensions qui apparaissent avec les Cris, la première nation amérindienne qui vit dans la région et qui voit l’apparition de l’objet comme un message de notre mère la Terre…

Après des débuts dans Métal Hurlant (il mit en image des histoires courtes de Charles Imbert), Philippe Gauckler a ensuite travaillé pour l’illustration et la publicité. Il revient ici à la bd en auteur complet avec bonheur avec le premier tome d’un diptyque de SF prometteur : Kebek. Car L’éternité a en effet tout pour plaire au lecteur : la narration est parfaitement maîtrisée (l’auteur fait de fréquents allers et retours entre passé et présent pour éviter que le récit ne soit trop linéaire), le dessin soigné (avec des couleurs directes du plus bel effet) et, surtout, il y a ce parfum de mystère qui donne envie de tourner les pages de plus en plus vite pour découvrir de quoi il retourne. Car les questions entourant la découverte sont nombreuses (De quelle origine est-elle ? Quand est-elle arrivée sur Terre ? Quelles sont les motivations de ses occupants ? Qui est celle à qui le personnage principal, Kébek, fait régulièrement référence dans ce premier tome ? Qu’a-t-il bien pu se passer pour que la région plonge totalement dans le chaos ?). Et Gauckler y apporte, bien entendu, des réponses au compte goutte pour mieux tenir le lecteur en haleine. Bref, un très bon premier tome qui mêle anticipation, enjeux politiques (la question de la « propriété » des terres d’Amérique du Nord est de nouveau soulevée par les Cris lorsque la sphère est mise à jour) et histoire d’amour improbable. Vivement la suite !

(Diptyque, 88 pages – Editions Daniel Maghen)

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