L’ARGENTINE (Andréas/Cochet)

BD. La sortie de ce livre était attendue avec curiosité. Déjà parce que c’était la première fois qu’ Andréas publiait chez Futuropolis. Ensuite, parce que c’était son tout premier récit post-Capricorne, série qui l’a occupé pendant près de 30 ans et dont il a sorti le dernier tome (le 20) en 2017. Enfin, parce que l’auteur, bien plus habitué à développer son univers sur un grand nombre d’albums, ne sort que très rarement des one shots.

Pourtant, dés les premières pages de L’Argentine, on comprend qu’ Andréas va ici proposer un récit à la narration éclatée, complexe et manipulatrice dont il a le secret. Ce polar, en effet, est un défi lancé au lecteur pour qui l’auteur sème, ici et là, des indices (qui ne suffiront peut-être pas, je vous le dis tout de go…) pour qu’il puisse trouver son chemin dans ce labyrinthe narratif. Les fans de Capricorne y sont habitués. Quant aux autres, ils devront faire comme l’inspecteur Coreau : ne négliger aucune piste, ne pas forcément croire ce qu’ils voient et être attentifs au moindre détail qu’ Andréas a pu glisser dans ses planches, comme à l’accoutumée très variées (certaines sont muettes tandis que d’autres sont très bavardes), l’auteur faisant ici montre de son habituelle inventivité en ce qui concerne le découpage. S’il y a un inspecteur, c’est qu’il y a eu un kidnapping, celui de Silver, fille d’Yvon d’Alayrac, conseiller occulte des 3 derniers présidents français et qui a eu une influence prépondérante sur la politique du pays ces dernières années. Sauf qu’il n’y a pas eu de demande de rançon. Et que Silver a réapparu, toute seule, au bout de 48 heures. Et elle n’a pas vu de ravisseurs. Par contre, elle sait qu’elle s’est réveillée dans une maison, en Argentine…Pendant ce temps-là, sa mère, plongée dans un coma profond depuis qu’elle l’a mise au monde, est toujours placée sous la surveillance du mystérieux docteur Treda qui semble attendre le moment propice pour tenter une intervention chirurgicale novatrice…

Trait très épuré, couleurs (sous forme d’aplats très marqués) signées Isabelle Cochet, narration complexe, découpage audacieux : les fans d’Andréas seront en terrain connu avec ce polar teinté de fantastique, qui prend (peut-être un peu trop…) un malin plaisir à jouer avec le lecteur.

(Récit complet, 96 pages – Futuropolis)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.