TREMEN (Pim Bos)

BD. Sur une planète inconnue, un voyageur traverse des paysages mornes et gris. De temps à autres, il fait un arrêt pour faire le plein de carburant pour sa monture ou contempler une œuvre d’art dans un musée. Sur sa route, il rencontre des androïdes qui font la quête dans la rue ou guettent le bon moment pour lui voler son mystérieux moyen de locomotion…

Il y a de grandes chances que ce récit ne parle pas à tout le monde. Et pas seulement parce qu’il est complètement muet. En effet, Pim Bos a créé là un univers étrange, régi par des lois qui nous échappent. Qui est cet énigmatique voyageur et où va-t-il ? Ces androïdes sont-ils des autochtones dont la planète a été colonisée par une civilisation plus évoluée que la leur ? Qui gouverne et demande aux représentants de l’ordre d’être aussi sévères et brutaux avec ce qui peut représenter le moindre petit danger pour la population ? On ne le saura jamais car l’auteur nous téléporte dans son monde sans plus d’explications. Faut-il vraiment trouver un sens à tout ceci d’ailleurs ? Pas forcément car à l’instar du très joli court métrage de fin d’études (Ghozer) que Pim Bos a réalisé il y a quelques années (et qui est encore visible sur YouTube) et qui lui fait écho, Tremen (un mot breton qui veut dire « le passage ») a un net penchant pour l’absurde, raison pour laquelle son éditeur rapproche son travail de celui de Moebius. Graphiquement envoûtant (le travail à la gouache de l’auteur est aussi inquiétant que magnifique), ce récit cauchemar a en tout cas été adoubé par Druillet et Caro (qui livrent leur vision de l’œuvre en pré et postface). Cela vous donne une petite idée de ce à quoi vous pouvez vous attendre…Un récit vraiment singulier. Sans conteste.

(Récit complet, 64 pages – Dargaud)

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