MATA HARI (Paturaud/Gil)

BD. Quand Margaretha Zelle Macleod arrive sur l’île de Java en 1897, elle ne se doute pas qu’elle deviendra un jour Mata Hari, exécutée pour intelligence avec l’ennemi allemand 20 ans plus tard. Pour l’heure, elle est une épouse dévouée qui suit son mari militaire dans les Indes orientales néerlandaises qu’elle prend, à son arrivée, pour un véritable paradis terrestre. Mais la jeune femme va rapidement déchanter. Car pour continuer à piller les richesses de ces îles et maintenir les autochtones sous leur joug, les soldats hollandais rasent des villages entiers et massacrent tout ceux qui refusent d’être soumis. Des atrocités qui ne tardent pas à réveiller les vieux démons du mari de Margaretha : alcoolisme, jalousie et violence. Et qui pousseront la jeune femme, quelques années plus tard, à divorcer et à rejoindre Paris, où une autre destinée l’attend…

Mata Hari est probablement l’espionne la plus célèbre au monde mais finalement peu de personnes connaissent vraiment son histoire, trop souvent romancée et victime de la propagande française…Voilà pourquoi Gil et Paturaud ont, entre autres, ici décidé de revenir sur le destin singulier de cette jeune femme pour rétablir quelques vérités mais aussi pour tenter de réhabiliter celle que l’on nomme encore Mata Hari aujourd’hui. Mais autant le dire tout de suite : le récit ne fait pas vraiment dans l’originalité, que ce soit dans la narration, très linéaire (après une première scène où l’on suit Mata Hari jusqu’au peloton d’exécution, le reste est un long flash back, la femme revoyant alors toute sa vie d’adulte défiler dans sa tête. Un procédé pas vraiment neuf…) ou le dessin, soigné et beau par moments mais très classique et qui a un peu trop souvent recours à des scènes de danse sensuelles où la belle espionne se montre dans des positions lascives…Néanmoins, fluide et claire, il faut avouer que le récit se lit agréablement. Et nous donne l’occasion, on l’a dit, de découvrir qui cette Mata Hari était réellement, tour à tour femme au foyer, danseuse dont la sensualité rendait visiblement fou le tout Paris, amoureuse d’un russe travaillant pour l’armée française, espionne malgré elle et enfin victime de la propagande française qui avait besoin de faire des exemples, si possible marquants, pour redonner l’espoir d’une victoire à la nation française. Pourquoi l’Histoire a-t-elle retenu le nom de Mata Hari alors que son rôle d’espionne a finalement été très négligeable ? Probablement à cause de tout le ramdam médiatique que l’Affaire occasionna à l’époque et de la sensualité qui colle encore à l’image de la femme. Toujours est-il que plus d’un siècle après, des livres, des films ou des BDs sortent encore régulièrement à son sujet…

(Récit complet, 72 pages – Editions Daniel Maghen)

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