Born Bad fête ses 20 ans !

FRUSTRATION + ARNDALES + ERO GURO + MARIA VIOLENZA…
Aubervilliers, La Station, Vendredi 6 septembre

En cette rentrée 2019, la célèbre boutique parisienne Born Bad fête donc ses 20 ans de bons et loyaux services avec une série de trois concerts exceptionnels. La veille, les chanceux ont pu profiter des psychédéliques Oh Sees au Bataclan, tandis que les marathoniens finiront le lendemain avec Le Prince Harry et Exek, mais en attendant, c’est bien le concert du vendredi soir à La Station qui nous intéresse, pour des petites retrouvailles avec Frustration, dont le nouvel album est attendu pour bientôt.

Après quelques gouttes de pluie, c’est donc Ero Guro, un quatuor dont je ne connais pas grand-chose qui ouvre les festivités. Aussi furieux que le mouvement graphique du même nom, ces belges, et notamment leur chanteur, se livre sans retenue. Le pauvre est pourtant handicapé par une jambe abimée qui le force à se tenir maladroitement sur une béquille… mais peu importe, soutenu par une musique punk garage composée au papier de verre noisy, le bougre descend de scène pour hurler ses paroles au plus près du public… tombe, rampe, cri… on ne sait pas vraiment s’il est au bord du gouffre ou si c’est du spectacle… mais
l’ensemble est d’une rage assez bluffante. Le public, venu nombreux, est encore assez calme, mais on sent que le groupe n’a pas laissé insensible. Belle découverte.

C’est ensuite aux anglais d’Arndales de monter sur scène, en toute simplicité. Ces anciens Country Teasers, Art Brut, Thrilled Skinny, Badgewearer ou Collapsed Lung, viennent défendre leur dernier (et très bon) album, intitulé « Shops ». Chemise hawaïenne et Bob sur la tête pour le bassiste, les anglais vont ramener un son plus resserré. Ils mélangent diverses influences, allant du post-punk à la noise, tout en restant dans quelque chose d’assez maitrisé, et jamais trop agressif. Je trouve le son un peu moins percutant que sur disque, mais les tubes font tout de même leur effet. Logiquement la plupart du dernier album y passe, mais pas seulement. Le set commence d’ailleurs avec « Slow Elastic » et « Hollyday Inn », deux morceaux plus anciens, et finira avec « Padded Post » qui date de la même époque, avant de vraiment conclure avec le particulier et plus étrange « Big 10-8 Place » (tiré de « Shops »), avec les incantations du bassiste en boucle. Excellent. Entre les deux, on retrouve bien entendu les titres plus accrocheurs principalement tirés du nouvel album, et on est heureux de les entendre en live. Il y a un quelque chose d’A Frames, en moins aride (et parfois plus expérimental). Et plus le set avance, plus l’humour acide du groupe fait mouche. L’ambiance chauffe. Les refrains accrocheurs finissent de nous convaincre. De son côté le groupe semble aux anges. Et le récent post d’Anthony au sujet de ce concert ne nous démentira pas : « just played the greatest show of my life […] Unbelievable. »

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Arndales (à gauche) et Frustration (à droite)

Le temps de faire (ou pas) les queues interminables typiques de la Station (que ce soit pour manger, aller aux toilettes ou boire une bière, tout est compliqué), et c’est Frustration qui vient clôturer la programmation de la scène extérieure. Dès les premières notes, Nicus, le guitariste, semble d’une humeur déconnante, avec un smile qui fait plaisir à voir. En quelques morceaux, le groupe enflamme un public conquis d’avance. Les refrains sont repris en chœurs par une foule de plus en plus nombreuses. Les tubes s’enchainent (« Midlife Crisis », « Excess », « Uncivilized », « Assasination », « No Trouble »…). On a l’habitude, mais cela reste un sacré bon moment. Pour l’occasion (20 ans ce n’est pas rien), le groupe nous fait aussi le plaisir de jouer un nouveau morceau (« When does a banknote starts to burn») qui laisse présager d’un très bon prochain album. Sans s’en rendre compte, on arrive déjà au rappel avec un petit « Blind » parfait pour finir en apothéose. Que demander de plus.

Frustration

C’est ensuite à l’intérieur que ça se passe avec Maria Violenza. La salle est vite comble mais je n’arrive malheureusement pas à rentrer dans son set. Les boucles minimalistes en mode solo, qui se construisent en divers couches superposées, me font vite décrocher. Pourtant la miss a du talent et arrive à sortir de sacrés morceaux, tendance eighties. C’est sans doute parfait pour entamer une nuit plus dansante, mais je ne suis pas dans le mood, je préfère ressortir parler avec les ami(e)s. Une prochaine fois sans doute.

La soirée continuera avec Bracco notamment que j’aurais aimé voir mais qui joueront trop tard… Pour moi, c’est l’heure de rentrer. Joyeux anniversaire Born Bad, et merci pour cette belle soirée !

photos : Jean-Yves La Menace

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