EPIPHANIA 3 (Debeurme)

BD. Koji et Bee n’ont pu se résoudre à mettre à exécution les plans mortifères de Vespero : contaminer les ressources en eau des Humains et les éliminer avec cette super bactérie. Au dernier moment, Koji a en effet prévenu son père et après un deal passé avec les autorités, les forces de l’ordre ont mis hors d’état de nuire les rebelles Epiphanians. Mais le gouvernement n’a pas respecté sa parole : les camarades de Koji ont été tués au lance flammes et l’ensemble des Epiphanians a ensuite été victime de la répression, violente, des autorités humaines, l’objectif étant visiblement de trouver une façon de se débarrasser d’eux… Koji lui-même vient d’être condamné à mort et attend l’heure de son exécution dans sa cellule…

Ceux qui ne connaissent pas Ludovic Debeurme et son travail singulier vont peut-être, espérons-le en tout cas, le découvrir avec cette trilogie qui sort chez Casterman. Un étonnant mélange d’anticipation et d’introspection. Car si Epiphania raconte la révolte de la nature qui se défend contre les agressions répétées de l’Homme, Debeurme y greffe aussi une réflexion sur la paternité et les responsabilités qui apparaissent avec la naissance d’un enfant, notamment quant au monde que l’on va lui transmettre. Car si ces Epiphanians, créatures mi-humaines mi-animales, sont sorties de terre un beau jour c’est bien pour faire prendre conscience aux hommes de leur attitude cynique et suicidaire envers la planète et les autres animaux et tenter de les faire réagir avant que cela n’aboutisse à leur disparition. Une mise en garde écologique et politique (car, comme le rappelle l’auteur ici, c’est bien le néolibéralisme, puisqu’il est basé sur l’exploitation du vivant, qui est à l’origine de la situation actuelle…) délivrée à travers le filtre imaginaire de Debeurme (en plus des Epiphanians, on trouve aussi, dans ce dernier tome, des géants chargés, par la planète, d’éliminer l’Humanité…) qui revient dans ce dernier tome à son trait habituel (dans les 2 premiers il avait opté pour un encrage coloré), conférant, du coup, plus d’expressivité à son dessin, pour un final utopique narrativement plus libre, les dernières pages proposant des dessins hors cases, comme Debeurme avait l’habitude de le faire dans ses précédents récits. Logique puisque c’est la fin d’un monde, le nôtre, prisonnier de ses dogmes politiques et économiques, que Debeurme décrit ici. Original et puissant.

(Récit complet, 136 pages pour ce tome 3 – Casterman)

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