LA HORDE DU CONTREVENT 2. L’Escadre Frêle (Henninot, d’après l’œuvre de Damasio)

BD. Eric Henninot s’est lancé dans une sacrée aventure : adapter seul, et donc scénariser (lui qui n’avait pas encore sorti de récit en auteur complet…), le légendaire roman fleuve réputé inadaptable d’Alain Damasio La Horde du Contrevent ! Contre vents et marées, il a su persuadé David Chauvel, le directeur de collection, Delcourt et, bien entendu, Damasio (le romancier y revient dans une jolie préface, très dithyrambique), de le laisser mettre en images, en 6 tomes, le défi de la Horde. Rester soudés et lutter, jour après jour, mois après mois, année après année, pour réussir ce que les 33 Hordes qui les ont précédés n’ont pas pu faire : atteindre, à pied, l’extrême amont pour enfin percer le mystère de la source des vents qui ne cessent, continuellement, de souffler, alternant tempêtes et cyclones, sur ce monde et lui rendent la vie si âpre. 27 ans qu’ils sont partis d’Aberlaas après avoir été formés, voire formatés, pour cela. Certains de ses membres, comme le Prince, Pietro, sont morts. D’autres, les crocs, les ont rejoints et ont pu intégrer la Horde après avoir fait leurs preuves. Ils ont 3 ans d’avance sur la précédente Horde mais arrivent devant la première grande difficulté : la flaque de Lapsane, une étendue d’eau immense qu’aucune Horde n’a réussi à traverser vivante…Au même moment, ils sont rejoints par un bateau volant de fréoles qui leur proposent leur aide. Mais contrairement à Golgoth, le traceur de la Horde, Sov, le scribe, a des doutes sur leurs réelles intentions…

Si le tome 1 faisait office de présentation idéale de l’univers de La Horde (on entre tout de suite dans le vif du sujet, immédiatement happés par cette aventure folle), son successeur enfonce brillamment le clou : au défi fou de la 34e Horde qu’il nous propose de suivre, L’Escadre Frêle ajoute une narration qui s’affirme, avec des flash backs mettant un coup de projecteur sur le passé de certains personnages (notamment Sov ou Golgoth) pour éclairer des aspects de leur personnalité et en amenant une petite rupture dans le récit avec cette sorte de parenthèse dans l’avancée de Golgoth et des siens que provoque l’apparition de ce vaisseau fréole, ce qui permet par ailleurs à l’auteur de nous en appendre davantage sur la société (et les 3 phalanges qui la composent) dont est issue la Horde. Passionnant ! Car au-delà du scénario fort, Henninot a vraiment réussi à incarner cet univers et ses personnages avec son dessin semi-réaliste très abouti. A tel point que Sov, Golgoth ou Caracole ne pourraient plus, désormais, avoir un autre visage… Une fresque de science-fiction qui a un souffle incroyable !

(Série en 6 tomes, 72 pages par épisode – Delcourt)

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