LE VAGABOND DES ETOILES Première partie (Riff Reb’s)

BD. Sans vouloir manquer de respect à ses précédents récits, la carrière de Riff Reb’s a vraiment pris une autre dimension depuis qu’il a intégré Noctambule. En 3 récits et autant d’adaptations (A Bord de l’Etoile Matutine, Le Loup des Mers et Hommes à la Mer, une collection d’histoires courtes), il a marqué la collection. Il n’est donc pas étonnant de l’y voir revenir…avec une nouvelle adaptation, celle de Le Vagabond des Etoiles, l’un des chef d’œuvres de Jack London, dont l’auteur avait déjà adapté, magnifiquement, Le Loup des Mers. Un romancier que Riff Reb’s admire et dont il est proche, notamment de ses convictions libertaires. Une proximité qui aide quand il s’agit de transposer l’univers littéraire de l’écrivain américain. Car une nouvelle fois tout paraît simple et fluide dans la narration de Riff Reb’s. Le dessin est élégant et facile tout en se montrant inventif quand il le faut (notamment quand il s’agit de mettre en images les rêves éveillés de Standing).

Et en l’occurrence, Riff Reb’s a trouvé de quoi se faire plaisir avec Le Vagabond des Etoiles, véritable ode à l’imaginaire que rien ni personne ne peut entraver. Cela tombe bien : c’est justement la dernière chose qui reste à Darrell Standing (et grâce à laquelle il parvient à rester, symboliquement, debout, d’où son patronyme anglais…), condamné à la prison à perpétuité pour avoir, sous le coup de la colère, tué un collègue d’université, puis s’être emporté, en prison, contre la bêtise et l’inefficacité des différents services dans lesquels il a travaillé. Forte tête, on lui a même mis sur le dos une affaire (de la dynamite qu’il aurait caché) à laquelle il est complètement étranger. Entravé par une camisole de force en cellule d’isolement et contraint au silence, Standing n’a plus que son imagination pour échapper aux 3,5 mètres carrés de son cachot et à la méchanceté et au sadisme de ses bourreaux…Au gré de ses voyages, notre homme va tour à tour être un comte français du XVIIe siècle, un ermite mystique ou un jeune garçon accompagnant ses parents migrants dans leur périple pour rejoindre l’ouest promis. Ce qui permet à Riff Reb’s de s’en donner à cœur joie et de démontrer qu’il est aussi à l’aise pour mettre en images un monde carcéral sombre et déséspérant que des combats d’épée entre gentilshommes ou encore des diligences dans l’ouest américain. Tout en gardant la charge virulente contre l’univers carcéral de London qui met ici en scène des directeurs de prison autoritaires et sans compassion et des gardiens brutaux et vicieux. Des employés et un système qui brisent les individus plutôt que de les aider à se réinsérer. De nouveau une grande réussite pour Riff Reb’s. Vivement la deuxième partie.

(Récit en 2 parties, 96 pages pour la première partie – Futuropolis)

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