AILLEURS SOUS ZERO (Pelot)

NOUVELLES. Des nouvelles de Pierre Pelot ? On en espérait sans trop y croire, l’auteur ayant annoncé (c’était en 2019) sortir son dernier livre avec Braves Gens du Purgatoire. De plus, on ne savait pas le vosgien féru de ce genre littéraire. Ce serait oublier que notre homme est un touche à tout qui s’est frotté à à peu près tous les genres qui existent ! Le plus important pour lui étant d’écrire. Parce qu’il en a besoin. Et que c’est peut-être ce qu’il fait de mieux. D’ailleurs, s’il a déclaré ne plus vouloir publier de livres (probablement fatigué de devoir constamment, après une carrière comme la sienne, jouer le jeu médiatique de la promotion), il continue bien sûr d’écrire, notamment sur son compte Facebook où il livre régulièrement, en ce moment, des épisodes d’un feuilleton qui met en scène des loups.

Mais revenons donc à ces nouvelles semées ici (Fluide Glacial) ou là (le journal local) à travers les années qui nous donnent l’opportunité de continuer à lire Pierre Pelot. Une entreprise de séduction à la chasse qui finit mal ; un brave homme qui ne sait plus quoi faire (enfin, si…) pour éviter de se faire cambrioler (5 ou 6 fois qu’il a été visité) la nuit ; le passage de Saint-Nicolas ; un anniversaire (40 ans, ça se fête !) mémorable ; des humeurs poétiques gâchées par des élections ; un cancer de l’œil ou la mort, soudaine et cataclysmique, d’un fils : des récits courts (au nombre de 13) qui abordent des thèmes variés mais sont homogénéisés par le style si personnel, exigeant et élégant, de l’auteur et une mise en couleurs souvent sombre. Et qui saisissent, étonnent, captivent ou émeuvent. Et, surtout, racontent Pierre Pelot, qui y a, une nouvelle fois, mis beaucoup de lui-même. Comme dans l’ouvertement autobiographique et très cathartique Ailleurs sous zéro qui croise, avec talent et émotion, la découverte de son cancer de l’œil par l’auteur et la mort brutale de son fils Dylan, touché par « un sniper interne » dans une ruelle sombre de Nancy il y a quelques années.

L’occasion, très belle, en tout cas, de découvrir une autre facette de Pelot, sur un format différent qui lui donne davantage de liberté pour essayer, expérimenter et se livrer.

(Recueil, 160 pages – Editions Héloïse d’Ormesson)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.