LE TRISKEL VOLE (Prado)

BD. Artur Régo est chercheur en histoire. Alors qu’il fait du rangement dans les archives du département, il tombe sur un livre d’Ancares Diaz, un ancien professeur de l’université, « De la survivance de l’ordre magique », qui titille sa curiosité. Peu après, son frère l’appelle pour lui montrer des faits étranges: dans la forêt où il a l’habitude d’aller avec ses 2 enfants, des runes anciennes sont apparues sur des arbres formant un cercle et il semblerait que quelqu’un ait déterré quelque chose, un coffre?, qui se trouvait en son centre…

Après le polar, inspiré et mordant, Proies faciles (sorti chez Rue de Sèvres), Prado change ici de registre (il se frotte au fantastique avec cette histoire d’être magiques, les Démons et les Purs, ayant scellé un accord il y a longtemps de cela, le pacte de la léthargie, pour entrer en phase de sommeil jusqu’à ce que l’être humain ne soit parvenu à plus de raison ou ait disparu de la surface de la Terre et qui se réveillent plus tôt que prévu) et d’approche graphique, avec un subtil mélange de trait à la plume, élégant et fin, et de couleurs aquarellées, superbe !, mais pas d’état d’esprit ! Car après avoir mis en scène le procès (et, symboliquement, la mise à mort) de l’ultralibéralisme, cette fable lui donne l’occasion de régler, cette fois, ses comptes avec l’Humanité, dont il pointe ici avec véhémence, la prétention, la bêtise et l’inconséquence (il propose d’ailleurs une belle galerie de personnages qui illustrent parfaitement ces travers, du professeur d’université totalement corrompu au noble qui ne rêve que de diriger la plèbe comme au bon vieux temps en passant par l’antiquaire véreux capable de tout pour se faire de l’argent) pour, surtout, mettre en exergue la prise de conscience, désormais nécessaire, pour l’Homme, qui, s’il veut survivre, ne doit plus vouloir dominer et exploiter la nature mais la respecter et la protéger. Enquête surprenante (l’auteur ne nous avait pas habitués à cela) qui tient en haleine doublée d’un engagement pour la planète qui fait plaisir à voir : décidément la colère va bien à Prado !

(Récit complet, 104 pages – Casterman)

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