BLACK BADGE (Kindt/Jenkins)

BD. Futuropolis continue de regarder vers le comics (son versant plus intimiste, pour être précis) américain. Vers Lemire, Geof Darrow (l’éditeur va ressortir et compléter son Shaolin Cowboy à partir de mai) et Matt Kindt, bien sûr. Dont l’éditeur poursuit la publication de ses récits déjà parus aux Etats-Unis. Cela a un double avantage : il y en a pas mal qui sont encore inédits en France (d’ailleurs une autre série, Mind Management, très prometteuse, sort simultanément aux éditions Monsieur Toussaint Louverture). Et on peut sortir directement l’intégrale des épisodes sortis ! C’est ce à quoi on a droit pour Black Badge, bon gros pavé de 336 pages, bourré de bonus comprenant recherches graphiques, couvertures des éditions américaines, hommages et extraits du story-board. De quoi ravir les fans !

Côté scénario, on a ici droit à du Matt Kindt pur jus puisque Black Badge mêle étroitement thriller et espionnage. Car le Black Badge est en fait le nom d’une organisation secrète qui utilise des enfants scouts (dont l’innocence et l’âge les font passer inaperçus…) pour mener des missions délicates (exfiltration d’espions, localisation de sites sensibles en vue de les détruire…) aux quatre coins du monde pour veiller aux intérêts américains. Mais Mitz, Cliff, Billy et Kenny commencent à se poser des questions sur ce qu’ils font…Des doutes qui sont encore amplifiés quand leur route croise par hasard celle de Jimmy, leur ancien chef qu’ils croyaient mort (c’était la version officielle…), qui leur explique que le Black Badge n’est pas ce qu’ils croient et que lui a rejoint les Swabbies, des scouts humanitaires qui ne détruisent rien mais œuvrent au contraire à aider les gens qui souffrent ou ont faim…

Un récit plutôt surprenant qui décolle vraiment au chapitre 3 quand on comprend que les 4 adolescents ne vont pas docilement obéir à des ordres injustes ou inconséquents mais au contraire essayer de comprendre ce qui se trame au sein du Black Badge. Pas forcément le meilleur récit de Kindt (on lui préférera Grass Kings, avec déjà le couple Jenkins -Tyler pour le dessin et Hilary pour les couleurs- aux crayons et pinceaux ou l’excellent thriller intimiste Dept H.), Black Badge propose néanmoins une lecture plaisante. La narration est rythmée (c’est bourré d’action…) et efficace (et de rebondissements) et le duo Jenkins fait le job au niveau graphique, avec ce mélange de trait spontané et dynamique et de peintures. Avec le petit message politique qui va bien en bonus. Bref, du bon divertissement.

(Récit complet, 336 pages – Futuropolis)

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