STREAMLINER L’Intégrale (‘Fane)

BD. Désert continental, 1963. En rentrant de courses, Cristal trouve la station service complètement silencieuse. Son père, hanté par ses fantômes, s’est encore pris une cuite. Mais elle n’est pas encore au bout de ses surprises. Car un client armé d’une Winchester arrive bientôt dans un roadster gonflé, un Ford A. Un certain Billy Joe (un clin d’œil à Green Day et à son chanteur?), chef de gang des Red Noses, qui réserve pour quelques nuits. En fait, notre homme est venu préparer la course annuelle du gang qui verra le vainqueur devenir le nouveau chef. Les bolides des autres membres ne tardent d’ailleurs pas à arriver de tout le pays, dont celui de Nicky the head, bien sûr, le principal rival de Billy Joe. Mais aussi ceux de la rock star Calamity et de curieux venus se frotter aux légendes du Streamline…

Bagnoles rutilantes, mecs qui roulent des mécaniques, amazones bien carrossées qui chevauchent leur moto : a priori, il n’y avait rien de très attirant pour nous dans ce récit. Oui, mais voilà : il faut se méfier des apparences ! Car si les passionnés de mécanique et de modèles légendaires vont ici trouver un surplus d’adrénaline, les autres pourront très bien y trouver leur compte également. D’abord parce que ‘Fane (qui pilote aussi, rappelons-le, la série Joe Bar Team) s’y entend pour faire vivre une course ! Et heureusement d’ailleurs car celle-ci dure quasiment 100 pages ! 100 pages d’accélérations, de mauvais coups (tout ou presque est ici permis), de revirements de situation, de crashs spectaculaires et de rebondissements improbables (car 2 agents du Bureau ont infiltré la course à bord d’une Chevrolet améliorée -une mitrailleuse a, en effet, été installée sous le capot- pour discrètement régler son compte à un meurtrier, le Kid, qui a pris le départ). Le tout mis en exergue par un découpage nerveux comme il faut. Mais aussi parce que côté graphique, le trait bien énergique de ‘Fane carbure lui aussi à l’éthanol ! Et l’auteur nous gratifie ici ou là, en prime, de quelques pubs (l’esprit rebelle et anarchiste de la course a été récupérée et elle est diffusée à la télévision…) à l’esprit années 50 très réussies ! Et enfin, et surtout, parce que Streamliner propose, au-delà de cette course spectaculaire, une vraie histoire : car par un tour de passe-passe scénaristique, Cristal va devoir prendre part à ce véritable défi sur l’engin que son père avait mis au point pour battre un record de vitesse des années auparavant si elle veut garder sa station service…

Du bon divertissement, spectaculaire à souhait, qui sent l’huile de vidange et rend hommage à cette culture des hot rods et des courses libres.

(Récit complet, 320 pages – Rue de Sèvres)

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