CONFINE#21 : Seb Normal, Delacave / Le Chemin De La Honte (Drôme, Fr.)

[Journal de Confinement] Comme notre nouvel invité l’a fait il y a 8 ans, nous quittons la ville pour retrouver Seb Normal dans son village drômois. Seb a joué dans un nombre incroyable de groupes, de Crash Normal (les débuts) aux excellents Feeling of Love ou encore Le Chômage. A chaque fois c’est une réussite. Encore aujourd’hui, en duo avec Delacave ou en groupe avec Le Chemin de la Honte, Seb continue de sortir des disques, avec une personnalité incroyable. Aujourd’hui, il va nous parler dystopie et autogestion, en écoutant un morceau de Exek… alors Seb, tu m’as l’air un peu en colère avec ce qui se passe, tu le vis comment ce confinement dans ton village ?

[épisode#21] Seb Normal joue dans DELACAVE et LE CHEMIN DE LA HONTE.

1. Tu es où en ce moment ?

Je suis chez moi. J’habite dans un petit village « perché » d’une vingtaine d’habitant dans la Drôme

2. Comment tu t’occupes pendant le confinement ?

Non je n’ai aucun conseil. Pour ma part j’étais parti du principe que j’allais être hyper productif, terminer de mixer le nouvel album du Chemin de la Honte et enregistrer un nouvel album avec Delacave, puis terminer des morceaux inachevés qui trainent depuis des lustres. Au lieu de cela, je n’ai quasiment rien foutu, si ce n’est d’être saoul chaque soir de la première semaine de confinement. Bon c’est vrai que j’ai avancé dans les travaux de ma maison et on a réussi à reprendre un morceau d’un tube hitmachine des années 90 pour une compile dont l’argent reviendra à une asso aidant les SDF (il s’agit de la compilation « Sick Sad World » dont nous avons parlé avec Raphaël, confiné#15, que vous pouvez soutenir ici, ndlr). c’est à peu près tout ce que j’ai réussi à faire. Je n’ai même pas lu un seul livre, impossible. Par contre j’ai lu énormément d’article sur le net, essentiellement sur le blog du monde diplomatique, lundi matin, mediapart, nantes révolté, etc. et j’essaye de ne pas explosé quand je pense (plus que je ne le vois, ici il y a juste une bagnole de gendarmerie qui passe une fois par jour) à la matérialisation de la dystopie qui se passe sous nos yeux, l’installation d’un monde terrifiant de contrôle et d’exploitation des masses sans rien qu’a priori nous ne puissions faire. Cette terreur doit me nourrir énormément puisque ça y’est, après ces trois dernières semaines de gestation, depuis ce lundi j’éprouve un réel besoin de produire. Il faut bien que ça sorte quelque part.

3. Quel est ton (ou tes) disque.s doudou pendant cette période étrange ?

j’ai réécouté pas mal Some Beautiful Spicies Left de Exek ainsi que Georg Friedrich Haas – limited approximations. mais j’essaye de ne pas être monomaniac et de découvrir de nouvelles choses.

4. Comment tu vois l’après (personnel / groupe / société) ?

Je suis dans le flou total. j’ai du mal à comprendre le pendant, ce qui rend vraiment difficile d’imaginer l’après. D’un point de vu personnel, je pense que je vais continuer à faire ce que j’aime, de la musique, en poursuivant le changement de direction qu’on a opéré avec Lily dés lors qu’on a quitté la ville il y a 8 ans. C’est beaucoup plus saint pour nous, moins destructeur. J’ai donc le deuxième album du Chemin de la Honte, enregistré cet hiver, à mixer et terminer, le quatrième album de Delacave. Le problème qui va se poser maintenant c’est l’allongement de la latence entre l’existence de ces morceaux et la sortie des disques… tout est repoussé à on ne sait pas quand.
on avait aussi un festival à organiser à Gigors Electric les 12 et 13 juin mais là c’est mort. Des concerts cet été de prévu qui semblent bien compromis eux aussi.
La société… je ne peux qu’émettre des souhaits, comme la fin de la culture de l’image et du culte du nombril, la disparition de la mode (une des pires choses qui existe), je peux toujours rêver. Mais c’est pour cette raison que tu n’auras pas de selfie de ma part.
Ainsi que, et surtout, l’anéantissement de l’état, la fermeture de la bourse, la réappropriation de l’organisation collective et l’autogestion de notre société. Et beaucoup plus d’amour.

Prochain épisode >>> Thomas Czopp, Unlogistic (Paris, Fr.)

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