TRANSPERCENEIGE-EXTINCTIONS Acte 2 (Rochette/Matz)

BD. Les Apocalypsters et leur guide, Marcio, se sont réfugiés dans leur puits au beau milieu de l’Amazonie après avoir provoqué l’hiver nucléaire. Plongés dans l’ombre et faisant face à des températures qui ne cessent de baisser, les hommes meurent les uns après les autres à la surface du globe. Zheng a donc dû précipiter le départ de son train conçu pour ne jamais s’arrêter. Mais il lui faut encore faire quelques escales un peu partout dans le monde pour embarquer les passagers préalablement sélectionnés en ligne. L’inventeur visionnaire chinois se rend cependant rapidement compte qu’il n’avait pas prévu que le Transperceneige serait à chaque fois pris d’assaut par des hordes de survivants aux abois capables de tout pour monter dans ce qui représente leur dernière chance de vivre…

Deuxième et avant-dernier acte d’Extinctions, trilogie qui propose, rappelons-le, d’éclairer les origines du Transperceneige. Un préquelle aussi captivant que glaçant, qui après nous avoir expliqué les circonstances (pour faire court, une Terre à bout de souffle à force d’avoir été exploitée, polluée et méprisée par son parasite, l’Homme…) qui ont poussé Zheng à concevoir le Transperceneige et montré comment cet hiver nucléaire est advenu sur notre planète, se concentre cette fois surtout (même si on suit aussi les premières dissensions au sein des Apocalypsters menés par leur guide mégalomane) sur la vie qui commence à s’organiser à l’intérieur du train. Et on voit comment, petit à petit, le projet utopiste basé sur le respect et l’égalité, est en train de complètement échapper à son concepteur pour devenir le Transperceneige que l’on connaît : un univers violent reproduisant les travers du monde extérieur, les plus pauvres se retrouvant dans les wagons, surpeuplés, de queue, rationnés et les plus riches bénéficiant de bien meilleures conditions de vie à l’avant…

On pouvait se demander comment Rochette et Matz (qui est monté à bord pour Extinctions) allaient parvenir à raccrocher les nouveaux wagons de ce préquelle à la série d’origine. La réponse tient en deux mots : avec brio ! Coté scénario, la mécanique est parfaitement huilée. Le récit est alerte et très rythmé, suivant en parallèle ce qui se passe en Amazonie du côté des Apocalypsters, à bord du train ainsi que la course contre la montre désespérée de Jimmy et son père pour être au rendez-vous de son arrêt au Mexique. Surtout, il apporte des réponses inspirées, très convaincantes, aux questions que le récit d’origine avait laissé en suspens. Quant au dessin, il est toujours aussi réussi : très adapté, avec son trait sombre et épais, appliqué au crayon pinceau, laissant des traînées noires dans son sillage. Bref, un préquelle qui confirme un peu plus le statut de série SF culte de Transperceneige.

(Trilogie, 96 pages pour cet acte 2 – Casterman)

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