GRAVE DANS LE SABLE (Derache/Fernandez, d’après Michel Bussi)

BD. D Day. Le jour du débarquement en Normandie. L’état major américain a décidé de passer par la plage que l’on connaît désormais sous le nom d’Omaha Beach. Pour cela, il faudra faire exploser le mur de béton que les allemands ont construit devant les falaises et qui est protégé par un blockhaus situé su sommet de la pointe Guillaume, à 60 mètres de haut. Un tirage au sort a été organisé pour savoir quels GIs seront chargés d’apporter l’explosif au pied du mur lors d’une véritable opération suicide. Lucky, qui a toujours eu une « chance de cocu » (d’où son nom…) a été tiré en 148e position. Mais le soir, quand Arlington, un gosse de riche qui a tiré le numéro 4, propose aux autres soldats de prendre son tour contre plus d’un million de dollars, Lucky accepte et fait rédiger un contrat devant 2 témoins, pour que sa veuve Alice touche l’argent s’il meurt. 20 ans après, Alan, l’un des témoins resté en France après avoir été blessé, réalise qu’Alice n’a jamais touché l’argent. Il se rend donc aux Etats-Unis pour résoudre le problème mais il se fait renverser par un chauffard…

Qui aurait pu prévoir l’incroyable destin de cette histoire? Originellement paru en 2007, dans un relatif anonymat (c’est le premier roman écrit par Michel Bussi), Omaha Crimes a dû patienter que son auteur rencontre le succès pour avoir droit à une seconde sortie, en 2014, sous un nouveau titre, Gravé dans le sable, donc, et connaître la consécration, avec 400 000 exemplaires vendus. Et, désormais, une adaptation en BD. La deuxième sortie de la nouvelle maison d’édition Philéas, bien plus convaincante que la première, Syndrome [E], dont on a parlé dans ces colonnes. Le scénario de Derache transpose en effet avec talent la mécanique, parfaitement huilée, du polar de Bussi et parvient à faire sien son rythme particulier, fait de mystère, de faux-semblants et de rebondissements, ce qui fait que le lecteur ne peut pas dire avant la fin ce qu’il en est exactement. Et qui d’Alice ou d’Amélia Arlington (la mère du GI) ment. A moins que toutes deux disent la vérité…Le tout est judicieusement mis en dessin par Fernandez dont le trait est certes classique mais conduit cependant avec fluidité cette enquête peu commune courant sur 50 ans qui tient en haleine jusqu’à la chute finale. Un très bon polar en forme de road-movie dans l’Amérique des années 60.

(Récit complet, 128 pages – Philéas)

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