LA VENIN 1. Déluge de feu (Astier)

BD. 1885. Fille de jazz-belle, comme on dit à La Nouvelle-Orléans, Emily semble avoir une vie toute tracée: elle travaillera dans un bordel, comme sa mère. Et 15 ans plus tard, après avoir appris, en descendant de son train, que son fiancé Benjamin Cartridge, qu’elle venait rejoindre dans l’ouest, était mort 2 semaines auparavant, c’est effectivement au saloon qu’elle se retrouve, sans toit ni argent et est bien obligée d’accepter la proposition du patron de travailler pour lui. Obligée? Pas si sûr…Car 3 semaines seulement après avoir commencé à bosser pour lui, elle sort son fusil silencieux et, depuis sa chambre, tue le sénateur Mc Grady qui vient d’être élu et parade dans la ville. Profitant de la panique (et du déluge de feu qu’elle a déclenché), Emily a tout juste le temps de s’enfuir à dos de cheval habillée en cow-boy…

Si, comme moi, vous étiez, jusque là, passé à côté de La Venin, son éditeur, Rue de Sèvres, vous donne une belle occasion de vous rattraper avec cette jolie édition « luxe » du premier tome qui sort simultanément avec le nouvel épisode, le tome 3 (dont on reparlera plus tard…). Grand format noir et blanc, papier épais, cahier graphique proposant dessins inédits et recherches de personnages: cette nouvelle édition met parfaitement en valeur l’épisode qui a lancé la série. De très belle façon car la narration, faite d’allers et retours entre l’enfance d’Emily et son présent, accroche immédiatement le lecteur. Le mystère entourant la vendetta (Mc Grady ne sera, a priori, pas le dernier à subir la rage d’Emily…) lancée par la jeune femme, qu’un scout Comanche n’a pas surnommé La Venin pour rien (elle a du caractère à revendre…), aussi. Un scénario solide donc qui fait habilement intervenir des personnages ayant réellement existé (les détectives de l’agence Pinkerton ou le wild bunch de Billy the Kid) et parsème l’intrigue d’éléments historiques réels (comme les guerres indiennes) pour donner le vernis de réalisme nécessaire à l’intrigue. Et comme côté dessin, Astier livre une belle partition graphique (techniquement, ce n’est pas Giraud ou Boucq mais c’est quand même pas mal!), avec, notamment, ce petit côté manga (la « patte » d’Astier) que l’on retrouve parfois dans les traits des visages, ce premier tome se lit avec grand plaisir.

(Série, 72 pages pour cette édition spéciale – Rue de Sèvres)

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