LA FEE ASSASSINE (Grenson/Roge)

BD. Un jour, la police vient chercher le docteur Duval à l’hôpital : un drame vient d’avoir lieu. Bien sûr, son amoureuse, Fanny, était parfois mélancolique mais elle avait envie d’être heureuse. Qu’ils soient tous les 2 heureux ! Alors comment imaginer qu’elle ait pu faire ce qu’elle a fait ? Il ne peut le croire. Pourtant, il faut bien se rendre à l’évidence car elle-même a reconnu les faits : elle a bien tué, à coups de couteaux, sa sœur jumelle Tanya et sa mère au cours du réveillon de Noël…

Pour son premier scénario de bande dessinée (elle travaillait auparavant dans le domaine médical), Sylvie Roge, compagne d’olivier Grenson à la ville, livre une histoire très noire et particulièrement marquante. Qui nous plonge dans les méandres, sombres, de l’âme humaine et s’aventure dans des contrées rarement empruntées par la BD : la maternité non-désirée qui peut entraîner un mal-être et une violence insoupçonnable, en apparence, chez certaines mères, à l’image du dessin et de la mise en couleurs, à la fois doux et mélancoliques (un travail graphique vraiment très beau, en couleurs directes) d’Olivier Grenson. C’est là tout l’intérêt de ce récit puisque l’on apprend en fait très rapidement le double meurtre dont Fanny s’est rendue coupable : comprendre les raisons pour lesquelles elle a pu commettre cet acte tragique alors qu’elle aimait sa sœur. Voilà pourquoi l’on repart dans son enfance (c’est Fanny elle-même qui raconte à son avocat pour qu’il saisisse les circonstances du drame, belle idée scénaristique) pour être témoin du désintérêt, et pire, des humiliations ou de la méchanceté dont sa mère a fait preuve, jour après jour, année après année, envers elle et Tanya, parce qu’elle était déprimée et les tenait responsables du départ de son grand amour, Ralph. Un sujet encore un peu tabou (pour beaucoup de personnes une femme est censée avoir l’instinct maternel…) que les auteurs évoquent avec justesse et inspiration. Un roman graphique fort qui ne ménage pas le lecteur.

(Récit complet, 192 pages – Le Lombard)

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