LE ROI DES OISEAUX (Utkin)

BD. Cela commence par une pomme dorée qui tombe à terre dans le jardin d’une princesse guerrière. Une simple pomme qui va pourtant avoir d’incroyables conséquences. D’abord en semant la discorde entre des amis de 20 ans, une souris et un moineau qui partageaient tout jusque là, car la souris décide de la garder pour elle sans rien dire au moineau. Celui-ci, se sentant dupé, fait un long voyage pour aller demander justice auprès du roi de la souris, le lion. Qui n’en a cure. Alors, le moineau va trouver son propre roi, l’aigle. Qui rentre dans une grande colère en entendant le récit et déclare la guerre aux animaux terrestres…

Inspiré du folklore russe, ce conte a beaucoup d’atouts à faire valoir. A commencer par sa structure narrative singulière, avec ses différentes histoires imbriquées les unes dans les autres, à la façon des poupées russes. Car notre résumé ne couvre qu’une infime partie de Le Roi des oiseaux. En effet, après la guerre, c’est un marchand, un homme bon, qui entre en scène pour aider l’aigle affaibli. Puis c’est l’histoire de son fils que Gamaïoun, le narrateur espiègle (il s’adresse souvent au lecteur et joue avec sa patience), un oiseau magique à tête humaine tout droit sorti de la mythologie slave, nous conte. Un récit qui nous fera notamment traverser le royaume sous-marin et rencontrer Tyna du lac, la fille du roi Vodianoï qui décide d’aider le fils du marchand…Et on ne vous a pas encore parlé d’Ivan le Tsarévitch ou de Vassilissa dont Gamaïoun nous contera (c’est ce qu’ il promet en tout cas) les aventures extraordinaires plus tard (ce qui semble indiquer qu’il y aura une suite…) ! Et bien sûr, son très joli travail graphique, des fusains qui accentuent le côté irréel du conte tout en lui apportant beaucoup de souffle. Ils permettent en tout cas à Alexander Utkin de créer un univers étonnant, visuellement flamboyant, qui met en garde, comme tous les contes, contre la cupidité, l’égoïsme, la convoitise, le mensonge ou la désobéissance. Avec cette première œuvre parue en France (il est encore un jeune auteur), Alexander Utkin marque les esprits !

(Récit complet, 184 pages – Gallimard BD)

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