HORSEBACK 1861 (Hasteda/Nikho)

BD. 1861, Etats Unifiés d’Amérique. Lincoln vient d’être assassiné, ce qui a laissé la voie libre à son opposant, Clarks. Alors qu’il avait déjà, au cours de son premier mandat, promulgué une loi permettant à chaque état d’autoriser l’esclavagisme, il veut, cette fois, dés sa réélection, unir l’est et l’ouest. Pour cela, il lui faut régler, une bonne fois pour toutes, le « problème » amérindien. Pour se faire, il charge Randall et sa société de convoyage d’amener à bon port, à San Francisco, une cargaison qu’il présente comme de l’engrais, en fait des produits nocifs visant à empoisonner rivières et territoires indiens…Quand Randall, sa fille Jackie et leur bande (Lockwood, Isiban et Mara) se rendent compte qu’ils se sont faits manipuler, ils décident de prendre leurs commanditaires à leur propre piège…

Pour son premier western, le label 619 d’Ankama a décidé de rester fidèle à sa ligne de conduite éditoriale en proposant un récit graphiquement fort qui sort des sentiers battus, en l’occurrence une uchronie, Hasteda imaginant ici une Amérique qui a évité la guerre de sécession et continue son entreprise d’éradication des peuples autochtones pour unir les 32 états de l’est à la province française et aux territoires de l’ouest où amérindiens et hispaniques dominent encore, dans laquelle il plante son intrigue. Une histoire de convoi à protéger, de manipulation et de vengeance. Un « pitch » qui donne envie sur le papier mais qui aboutit cependant à un résultat mitigé. A commencer par le dessin. Qui, s’il est visuellement très réussi, avec ce trait et ce découpage nerveux très comics et ses couleurs tranchées, manque cependant parfois de lisibilité, notamment dans les scènes d’action, souvent confuses. Même constat pour le scénario, qui peut compter sur de bonnes idées (on pense, par exemple, à ce passage en prose, une nouvelle, placé au beau milieu du récit lors des rites de la chamane amérindienne pour soigner Randall, qui permet à Hasteda d’éclairer le passé des membres de la bande à Randall) mais s’avère finalement un peu simple et donne l’impression d’être surtout un prétexte à aligner les scènes d’action et peine, du coup, à enthousiasmer.

Au final, ce western à la sauce 619 nous laisse sur notre faim. Il propose une lecture qui n’est certes pas déplaisante mais qui ne tient néanmoins pas les promesses annoncées par la couverture très réussie ou la présentation de l’uchronie qui lui sert de contexte dans les pages de garde.

(Récit complet, 152 pages – Ankama)

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