DECORUM Tome 1 (Hickman/Huddleston)

BD. Dans un futur lointain. Après l’effondrement de l’empire solaire, c’est l’Union, république des mondes-frontière, qui dirige la galaxie. L’église de la singularité veille (ses évêques-inquisiteurs et prêtres apocrisiaires scrutent le monde pour Ro Chi, le grand prêtre, la voix de Dieu), quant à elle, à ce que rien ne vienne la menacer. Un contexte politico-religieux qui dépasse totalement la jeune Neha Nori Sood qui vit sur la planète Dealdus, obligée d’accepter toutes les courses, y compris les plus dangereuses, que son patron lui propose, pour payer les soins de sa famille atteinte de la peste, virus élaboré en laboratoire pour soumettre les mondes renégats. C’est lors d’une de ses missions qu’elle rencontre Imogen Smith-Morley, une tueuse professionnelle de la guilde de vertu qui lui propose d’intégrer son institution…

Comme beaucoup d’auteurs de comics, Hickman et Huddleston alternent travaux de commande pour des séries mainstream (comme X-Men ou The Avengers pour le premier ou Captain America pour le second) et créations comme Decorum. Une série de space opera qu’ Urban Comics sort ici en belle intégrale grand format comprenant 2 tomes. Et qui démontre toute l’inventivité et l’originalité dont les 2 hommes sont capables. Côté scénario, Hickman propose une narration éclatée et elliptique, composée de courts chapitres alternant BD classique et textes qui présentent avec habileté les différents éléments constituant l’univers de Decorum : la tueuse Imogen Smith-Morley, Neha, Chi Ro et l’église de la singularité ou les Mères qui s’échinent à recommencer des cycles (elles l’ont déjà fait plus de 6000 fois) pour enfin faire éclore un œuf, avant de progressivement les réunir. Un monde mystérieux, où la technologie, qui a fait un énorme bon en avant par rapport à ce que l’on peut connaître, est reine, qui titille clairement la curiosité du lecteur. Mais Decorum, c’est aussi, et surtout, il faut le dire, un travail graphique très personnel et original de Mike Huddleston. Clairement avant-gardiste (fonds de cases souvent blancs, personnages -ceux de l’église de la singularité surtout- épurés au maximum, mélange de dessin traditionnel à base d’aplats de noir et de couleurs vives assez psychédéliques), il transcende véritablement la série et lui donne, allié au travail de design graphique, particulièrement important ici, notamment dans la présentation des chapitres, de Sasha E Head, une vraie identité. Un space opera aussi ambitieux qu’étonnant dont le second tome paraîtra en juin.

(Intégrale en 2 tomes, 168 pages pour ce tome 1 – Urban Comics)

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