LA FUITE DU CERVEAU (Gomont)

BD. Stolz travaille certes dans le célèbre hôpital de Princeton mais au sous-sol, cantonné aux autopsies. Alors quand le génie Albert meurt et qu’on lui demande d’ouvrir son corps pour vérifier qu’il est bien mort de cause naturelle, Stolz a une lueur, comme on en a parfois: c’est sa chance de devenir enfin quelqu’un, d’être célèbre. Il ouvre la boîte crânienne du professeur et dérobe son cerveau. Pour en faire quoi ? Il ne sait pas encore mais il trouvera bien. Peut-être que Marianne, la jolie neurologue du cinquième, pourra l’aider d’ailleurs…Il n’a pas encore eu le temps d’y penser que son directeur a déjà découvert son forfait. Voilà Stolz contraint à la cavale, avec le cerveau dans un bocal à l’arrière de sa Buick. Et le professeur (mais oui, il est apparu comme ça, dans la cave de Stolz, le crâne ouvert, comme s’il ne voulait pas quitter son cerveau…) assis sur le siège passager…

Après Pereira prétend et Malaterre, Gomont s’est cette fois inspiré d’une histoire vraie (un médecin peu scrupuleux a bel et bien volé le cerveau d’Einstein avant qu’on ne le retrouve…) pour La Fuite du cerveau, son nouveau roman graphique complètement déjanté qui le voit donc changer radicalement de registre avec cette comédie qui tire souvent vers le burlesque. Car la cavale de Stolz et Alfred est totalement rocambolesque et donne lieu à des scènes réjouissantes, notamment dans la première partie du récit, carrément échevelée, avec paparazzis, flics et agents du FBI à leurs trousses. Sans oublier l’intervention du professeur Seward que Stolz, Marianne et Alfred viennent trouver pour les aider à percer le mystère du cerveau d’Alfred. Et si le récit s’essouffle un peu dans sa seconde moitié, l’ensemble reste très plaisant. Avant tout parce que l’idée de départ de Gomont est assez géniale. Mais aussi parce que son dessin, inventif, se montre à la hauteur de ce scénario délirant à souhait. Il y a du Christophe Blain dans ce trait dynamique qui donne beaucoup de mouvement et d’expressivité à l’ensemble. Et que dire de cette trouvaille fabuleuse qui consiste à mettre en scène, sous forme de petites digressions, les pensées qui traversent l’esprit de Stolz, comme lorsque Gomont le dessine en explorateur car il s’imagine alors qu’il va partir à la découverte des mystères de l’intelligence humaine grâce au cerveau d’Alfred, une métaphore qui revient régulièrement dans le récit, tel un running gag. Bref, on passe un très bon moment en compagnie du cerveau d’Einstein !

(Récit complet, 192 pages – Dargaud)

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