L’ATTENTAT (Mulisch/Hulsing)

BD. Un soir de 1945 alors que les Pays-Bas sont encore occupés par l’Allemagne, un collabo est tué par des résistants communistes devant la maison d’Anton. Ou plus exactement juste à côté de chez lui. Mais rapidement ses voisins sortent et déplacent le corps un peu plus loin…Quand les allemands arrivent, ils décident, furieux, de représailles : les parents d’Anton et son frère sont emmenés (il ne les reverra plus) et la maison est brûlée. Les années ont beau passer, ce fameux soir hante encore et toujours Anton qui n’a de cesse d’essayer de comprendre ce qui s’est vraiment passé ce soir-là et pourquoi. Et ce n’est que bien plus tard, alors qu’il est devenu grand-père, qu’il parviendra enfin à remettre toutes les pièces du puzzle dans le bon ordre.

L’Attentat. De aanslag en hollandais, langue dans laquelle ce roman de Harry Mulisch a été écrit. Un récit fort et captivant que l’on découvre grâce à sa fantastique adaptation en BD signée Milan Hulsing. Le travail graphique, particulier (surtout le trait, minimaliste, qui fait que les personnages sont, du coup, tout juste esquissés) risque de refroidir quelques lecteurs. Ce serait dommage car l’histoire vaut vraiment le détour. Notamment sa construction narrative, très habile, qui permet à Hulsing de distiller, au compte gouttes, comme dans les récits policiers, des indices concernant la fameuse soirée et la responsabilité de chacun. Bien sûr, ce sont les « boches », comme il les appelle, qui ont tués ses parents et son frère mais pourquoi les résistants ont-ils tué ce collabo dans son quartier alors qu’ils savaient très bien qu’il y aurait des représailles ensuite ? Et les voisins, pourquoi ont-ils mis le corps devant chez lui et non devant chez les Aarts que tout le monde détestait ? A moins que ce ne soit lui le responsable, qui a fait perdre du temps à son frère en ne lui donnant pas la clé de la porte d’entrée quand il a voulu sortir et qui a été, du coup, surpris par la Gestapo alors qu’il était en train de déplacer le corps à son tour…

Travail graphique singulier (la mise en couleur, très travaillée, contraste avec la simplicité du trait), construction narrative inspirée et réflexion captivante sur les notions de culpabilité, de responsabilité et de destin, L’Attentat est l’un des très bonnes surprises de cette rentrée !

(Récit complet, 176 pages – La Boîte à Bulles)

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