NEW YORK CANNIBALS (Charyn/Boucq)

BD. Azami Tanaka est fière de ses tatouages et du corps qui les porte. Un corps qu’elle entretient en faisant du culturisme à haute dose. Le problème, c’est que les stéroïdes qu’elle prend l’ont rendue stérile. C’est ce que lui annonce son gynécologue. La jeune flic a à peine le temps de se remettre de ce coup de massue derrière la tête qu’elle se retrouve au boulot à courir derrière des voyous qui ont volé une femme. Une course poursuite qui l’emmène dans les bas-fonds de New-York. Quand elle en ressort elle se trouve dans une sorte de dépotoir. Et là, miracle: elle entend un bébé pleurer. Il est dans un carton, abandonné parmi les immondices. Tanaka décide bien sûr de garder l’enfant. Une décision qui va lui amener tout un tas d’ennuis. A elle mais aussi à Pavel, son père adoptif et à ses amis…

Pour leur nouvelle collaboration (on leur doit aussi Bouche du diable et La Femme du magicien, également parus au Lombard), Charyn et Boucq ont décidé de faire un bout de chemin supplémentaire avec Azami et Pavel, les personnages de Little Tulip, récit sorti en 2014. Mais en évitant de proposer une suite classique. Voilà pourquoi on les retrouve ici 20 ans après. Ils vivent toujours ensemble. Pavel est encore tatoueur et Azami s’est passionné pour le culturisme. Un peu trop cependant car cela l’a rendue stérile…C’est là que le bébé miracle arrive. Un cadeau qu’ Azami devra défendre, bec et ongles, aidé par Pavel car le New-York de 1990 est un monde violent, où la pègre règne sur les bas-fonds et où, en haut lieu, on magouille également. Qui trinque dans les deux cas ? Les pauvres, obligés de se saigner aux quatre veines pour s’en sortir !

Un thriller mené de main de maître par Boucq ! Son dessin est toujours aussi précis et expressif et son sens du découpage fait ici des merveilles, apportant beaucoup de vie et de dynamisme et happant véritablement le lecteur dans cette histoire forte, à la violence et à la misère particulièrement réalistes, pourtant teintée d’une touche de fantastique (il est aussi question d’une sorcière, la hyène, que Pavel a connu lors de son passage dans le goulag en Sibérie et d’une magicienne, la Mama, protectrice des laissés pour compte). Critique aussi car Boucq a décidé, en cours de route, d’ajouter le scandale du trafic de sang à son intrigue pour mieux dénoncer l’exploitation des pauvres par les riches. Un grand récit !

(Récit complet, 152 pages – Le Lombard)

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