A.A. WILLIAMS Forever Blue

ALBUM. Au fond, pourquoi est-ce qu’on écoute de la musique? Pas dans la voiture quand on va au boulot ou quand on met un truc en fond sonore lors d’une soirée, hein ! Non, je parle des moments où on met un disque sur sa platine pour l’écouter tranquillement, assis dans son canapé. Qu’est-ce qu’on attend de ces moments-là ? Idéalement, qu’il se passe quelque chose : que cela nous bouscule, nous interroge, voire, mieux, que cela nous touche et nous prenne aux tripes. Et avec A.A. Williams, de ce point de vue là, on est servis ! Ecoutez les superbes Melt ou Fearless et vous comprendrez ce que je veux dire. Ces morceaux vous filent carrément des frissons ! Et ce n’est pas si fréquent. Ce qui vous transperce immédiatement ici c’est la voix, magnifique, d’A.A. Williams. Sa sincérité et ce qu’elle véhicule de mélancolie, de mal-être et de souffrance. C’est ce que l’on remarque d’emblée car c’est l’élément central, évident de Forever Blue. Mais l’album propose aussi, et surtout, un univers assez étonnant et singulier qui mêle néo-classique (piano et violoncelle font partie des instruments utilisés, et joués, d’ailleurs, par la compositrice elle-même), post-rock et dark folk, qui peut faire penser à Chelsea Wolfe, Emma Ruth Rundle ou même Explosions In The Sky avec certains climax comme sur Love and Pain. Un univers sur lequel plane des fantômes. Car l’humeur est gothique sur Forever Blue. Il y a aussi des influences métal ici, qui ressortent, par exemple, dans le chant guttural de Johannes Persson (de Cult Of Luna), qui se marie à merveille à celui d’A.A. Williams, sur Fearless. Un album qui voit l’américaine se montrer aussi inspirée sur les passages à l’instrumentation dépouillée, calmes et acoustiques (comme sur Dirt qui débute avec quelques notes éparses de guitare et la voix d’A.A. Williams) que dans les moments plus agités et explosifs qui n’hésitent pas à se faire même, parfois, lyriques, par l’entremise notamment de guitares shoegaze ou de violoncelle, comme sur Love and Pain. Difficile de croire qu’il s’agit là du premier album (elle avait tout de même sorti 2 EPs auparavant…) d’ A.A. Williams tant il fait preuve de maîtrise et de personnalité !

(Bella Union/Pias)

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