UN PUTAIN DE SALOPARD 2. O Maneta (Loisel/Pont)

BD. Max n’a vécu au Brésil que les 3 premières années de sa vie mais quand sa mère meurt, son pays natal lui revient en mémoire. Et ce père, qu’il n’a jamais connu, aussi. Avec simplement les 2 photos qu’il a retrouvées dans un carton (il y a un homme différent les entourant, lui et sa mère, sur chacune d’entre elles), il part donc au Brésil à la découverte de ce père. Là-bas, à Kalimboantao, il rencontre Corinne et sa patronne Margarida qui le mettent sur une piste, celle de Zachary, le contremaître d’un camp en pleine forêt, qui a dû connaître son père. Mais alors qu’un camion l’y emmène, leur route croise la bande à Luis, qui est à la poursuite d’une adolescente qu’ils ont kidnappée (une pratique courante dans le coin…) pour louer ses services dans les camps forestiers ou aux orpailleurs. Après avoir essuyé les tirs de leurs pistolets, le camion percute un arbre et le conducteur est tué sur le coup. Max se retrouve seul dans la forêt avec Baïa, une indienne muette qui se trouvait aussi dans le camion, des tueurs à leurs trousses…

Le premier tome de cette nouvelle série nous avait fait forte impression. Et son successeur confirme qu’Un Putain de Salopard va être une grande série. Car elle a tout simplement tout pour elle. Un scénario fort: la quête d’un père et des origines que Loisel plante en Amazonie, au beau milieu d’une nature hostile où les hommes, sans foi ni loi, appartiennent à un autre monde, à laquelle l’auteur ajoute une touche d’humour bienvenue et un soupçon de fantastique (avec le fantôme d’Isabel qui hante la forêt ou les dons de voyante de la mère de Baïa). Une narration admirable, fluide, au rythme totalement maîtrisé qui livre dans ce tome 2 son pesant de révélations et de rebondissements (on en apprend notamment davantage sur « le comptable » et Mermoz, les pères potentiels de Max) sans trop en dire car il faut encore, bien sûr, préserver le mystère central de la série. Et un dessin idoine: à la fois lisible, expressif et personnel, le trait d’Olivier Pont (dont on a aimé tous les récits, Bouts d’ficelles et Où le regard ne porte pas…avec Abolin en tête!) fait des merveilles, que ce soit pour mettre en images les scènes d’action ou rendre attachants ses personnages.

Une grande série d’aventure, aussi divertissante qu’intelligente, qui fait la part belle aux femmes: « dans ce monde de connards, nous les femmes faut qu’on s’entraide! » tonne Margardida. Vivement la suite!

(Série, 90 pages par tome – Rue de Sèvres)

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