Cela faisait presque cinq ans qu’on l’attendait. On n’y croyait plus. Le dernier gig de Botch au Showbox à Seattle, Washington le 15 juin 2002. On savait que ce concert avait été filmé. On savait que ces adieux avaient été l’occasion d’une belle fête pour laquelle des milliers de fans s’étaient déplacés de tout le pays et parfois même d’ailleurs. On tient donc l’acte final: un dvd et un cd du dit concert.

Botch est mort. Après huit années d’existence qui auront vu tout d’abord les kids faire leurs premiers pas avant même d’avoir leur permis de conduire pour tirer ensuite leur révérence au sommet de leur popularité. Presqu’une décennie pour se voir tout d’abord jetés et presqu’adulés par la suite. La persévérance et le génie d’un groupe qui a su placer son metal hardcore là où personne d’autre n’avait encore osé. Ca commence par un pas très convaincant ‘American nervoso’ pour enchaîner sur un magistral ‘we are the Romans’ du feu de dieu, leur chef-d’oeuvre. Le Ep ‘an anthology of dead ends’ clôturera de toute beauté la brève mais intense épopée discographique. A l’heure où ‘unifying themes redux’ (la réunion de quelques raretés et de leur Ep John Birch) sort…toujours chez Hydra Head, penchons-nous sur ce document vidéo que j’aimerais qualifier ‘d’historique’…pour le grand fan que je suis…même si ce dvd n’a rien de grandiose (ce n’est pas le film ‘instrument’ de Fugazi tout de même…) Dans son contenu, on applaudit, pieds et mains, l’intégralité du dernier show et ses 14 morceaux. Vous pouvez opter pour la version avec les commentaires des membres (bof). Le clip vidéo de ‘St. Mathew returns to the womb’ n’est pas franchement intéressant, tout comme les cinq titres live enregistrés face à une toute petite audience à Bellingham, Washington à l’automne 2000. Le tout est soigneusement emballé dans un boîtier gatefold avec aux commandes artistiques l’infatigable et toujours talenteux Aaron Turner. Le livret (8 pages) est léger mais la lettre d’adieux à Botch de Brian Cook, le bassiste, est somptueuse de sobriété et de sincérité.
Allez on se replonge dans ce concert. La setlist déchire tout. On a presque droit à du Botch version ‘best of…’ avec tout de suite la frite…en amuse-bouche ‘St. Mathew returns to the womb’. Y a forcément une belle effervescence. Tout le monde est déchaîné. Le light show de John Pettibone et ses effets tromboscopiques ‘à la botch’ dirons-nous, nous mettent tout de suite dans l’ambiance. Les quatre vont nous en mettre plein la vue. Et ça enchaîne sur ‘C. Thomas Howell as the soul man’ et son break terrassant…chut chut chut…il faut écouter la basse de Brian…boum ça repart… Stop stop stop PAUSE II s’il vous plaît. Je veux absolument glisser ici les élements qui me font adorer ce groupe: le jeu de guitare de Dave Knudson. Inventif, inspiré, travaillé, toujours prêt à apporter quelque chose de plus aux morceaux. Là où les autres bourrinent… lui imagine… brillant + le son de basse de Brian Cook, son jeu aussi… brillant + les effets et les touches électroniques juteuses… brillant + la puissance des blasts punchy à souhait… + l’énergie et la richesse des morceaux… Voilà c’est dit ! PLAY > C’est reparti avec ‘John Woo’ bien calibré pour faire mouche. La setlist respire. Les morceaux s’imbriquent bien les uns dans les autres. L’ensemble est compact, homogène et livre claque sur claque ( »Japam’, ‘thank God for the worker bee’, le monumental ‘Framce’). Le gang de Tacoma y va d’une excellente reprise ultra-rythmée des B52’s ‘rock lobster’…génial pour lever l’index et reprendre à tue-tête le refrain. Le ‘transition from persona to object’ à rallonge et l’excellent ‘to our friends in the great white north’. Pas une faute. Le public s’y met. La fureur ne retombe pas…bien au contraire..elle tiendra jusqu’au final grandiloquent de ‘man the ramparts’ sur lequel leurs amis d’Harkonen, Playing Enemy et The Blood Brothers viennent prêter mains fortes. Orgie électrique. Le matériel y passe….66 minutes d’un concert qui s’écoute aussi bien qu’il se regarde. La qualité du son est bonne (Matt Bayles était derrière bien sûr). La réalisation est assez basique…avec tout de même l’impression que le batteur n’était pas dans le champ de vision des caméras (il a dû porter plainte non?). Tout Botch est là. Dans les faits comme dans l’esprit. Un groupe qui aura laissé une vraie empreinte en dépassant les simples limites du metal et du hardcore de base.
Je n’avais jamais eu la chance de voir Botch sur scène. Ce document comble presque mes frustrations…thanks Dave, Dr V, Brian and Tim. It was a great eight years ! Les fans devraient aimer…si ce document n’est pas indispensable alors je n’y comprends plus rien !!… Je conseille aux autres de passer d’abord par l’étape discographique ‘we are the Romans’ bientôt rééditée…pour tester et savoir si oui ou non vous avez un profil botchien.. Botch is not really dead. REPEAT >>

(DVD/CD – Hydra Head)