Soirée Born Bad, 5.02.2011, St Germain en Laye (La Clef)

A peine remis du concert de la veille (Kimmo + Never on TV + Road To Fiasco) nous voilà parti pour la banlieue chaude de l’ouest parisien, là où les bandes de jeunes à mèches sont légions… Destination St Germain en Laye. Nous retrouvons donc la jolie salle de La Clef pour la soirée donnée en l’honneur du label parisien Born Bad. A l’affiche Cheveu, Magnetix et Frustration.

Cela fait une paire d’année que je n’ai pas vu Cheveu… à l’époque, c’était dans un bar de banlieue, avec un son pourri, mais ils avaient su aiguiser ma curiosité. Malheureusement, ce soir, nous arrivons trop tard, juste pour le dernier titre. Juste à temps pour se dire qu’on aurait bien vu tout le set. Car ce dernier titre a des odeurs de Cabaret Voltaire (première époque), des claviers fumants, des ambiances malsaines, et en dehors du son, compressé et définitivement trop bas, tout nous donne à croire que ce concert devait être bon (contrairement au disque). Dommage.Suit Magnetix, les White Stripes de Born Bad, tendance rock’n’roll psycho joué en couple batterie (la fille) / guitare (le mec). Eux, je les ai vu l’année passée, et ça ne m’avait pas trop causé. En fait je n’avais pas compris le petit engouement qu’ils généraient. Deuxième tentative ce soir. Malheureusement, ce ne sera pas mieux. Je trouve le duo un peu lourdo, avec un côté franchouillard. Le choix du minimalisme, qui peut s’avérer gagnant, ne prend pas ici. Il manque l’idée forte pour tenir les chansons. Ou un chant mieux foutu qui redonnerait du corps aux compos. Mais là, ça se contente de quelques riffs foutraques joués sur des rythmes binaires… Certes, la simplicité permet aux minettes à mèches de danser, mais on est tout de même très très loin des maîtres qui doivent leur servir d’exemple. Citons peut-être les Cramps ou Hasil Hadkins ? Dommage aussi que le couple ne partage rien sur scène, chacun jouant de son côté, sans interaction… Bref, ils ont leur public, et je les laisse finir ensemble… moi je préfère aller prendre l’air.

Je reviens pour le concert de Frustration que je n’ai encore jamais vu. Et pour le coup, le groupe va être à la hauteur de mes espérances. Leur look me rappel l’époque du rock alternatif, mais côté musique, le groupe nous balance un set excellemment bien foutu. Ça commence avec « Relax », gros tube de leur premier album, pour finir avec « Too Many Questions », gros beat en avant (pas ce que je préfère). Entre les deux, que du bonheur. De grosses pompades de Joy Division (surtout le chant), des clins d’œil à Devo (surtout le clavier), des lignes de basses ou de guitares à la simplicité digne d’un Crisis, et un ensemble d’une cohérence et d’une force qui fait plaisir à voir et à entendre. Car pour le coup, le son est parfait. Bon, sur scène, le spectacle n’est pas incroyable, les vieux ne sont pas du genre grands showmen, mais les chansons sont là, et le public, complètement acquis à la cause fait le reste. De leur côté, on les sent heureux d’être là, simples et sincères. Ça nous suffit. Pour l’anecdote, c’est aussi le seul groupe que je vois casser une corde de basse au milieu du set, et ne pas la changer pour la fin du concert ! Pour ce qui est du rappel, le groupe nous offre deux nouveaux morceaux qui laissent espérer un second album largement à la hauteur du premier (du moins si tout est de cette qualité).
Le concert finit, on se dit que le groupe Le Parti de St Etienne mériterait bien le même succès que Frustration, on dit encore un peu de mal du concert de Magnetix (désolé), et on repart heureux en direction de Paris.

[photos : CG]


Cheveu