Pas facile d’écrire sur ce groupe, sur cet album. Tout ce que j’ai pu lire ici et là m’a drôlement impressionné… alors j’ai peur d’être stupide, de ne pas être à la hauteur de l’ampleur musicale du quatuor new-yorkais et de ce qu’elle véhicule culturellement at artistiquement. Battles, est-il vraiment un groupe d’Art Rock? De celui qu’on aimerait accrocher, exposer dans les musées d’art contemporain pour le seul plaisir de s’extasier avec les yeux? Derrière la vitrine, de l’autre côté du verre, il n’y a que quatre garçons, aux cv certes impressionnants (mon préféré c’est le batteur John Stanier – sans son jeu millimétré, sec, percutant, bien dégagé derrière les oreilles, Battles ne serait pas Battles !) mais il y a surtout une vision musicale qui prône l’Ouverture (non…ne me parlez pas de rupture s’il vous plaît…) et l’Originalité…avec deux O majuscules…merci ! ‘Mirrored’ c’est un peu le Palais des Glaces. Un labyrinthe où il fait bon perdre ses repères, s’y abandonner…tout simplement. Une aventure en technicolore. Multistyles. Protéiforme. On est désorienté. ‘Rainbow’ est un feu d’artifice de couleurs. ‘Bad trails’ explore le végétal. ‘Tonto’, certainement le chef-d’oeuvre de l’album, caresse l’ethnique avec émotions. ‘Ddiamondd’ se défoule dans un cartoon déjanté. Le kaléidoscope tourne. Il est leur étoile. Filante. Brillante. Rares sont les albums qui peuvent autant donner dans le récréatif, le ludique, l’élastique, l’expérimental et l’artistique (à vous de continuer la liste…) Instrumental à souhait, math-rock ouvert aux quatre vents, les voix, avec toujours trop d’effets, reconnaissons-le, se mêlent à l’orgie de sons. Cet album est un arc-en-ciel. United Colors of Beneddon Caballero.

(Album – Warp)