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15.01.2010, Paris (Rigoletto)

A peine remis du concert de Never on TV et Lab° la veille au Buzz, nous voici donc reparti pour une nouvelle soirée dans les sous sols d’un bar parisien. J’arrive pendant le set d’Ultracoït. C’est la deuxième fois que je vois ces diablotins amateurs de blagues douteuses, et d’entrée, leurs nouveaux costumes (slip au nom du groupe et cagoule SM pour tout le monde) en impose. Finit le temps des approximations, et des tranches de rigolades entre les morceaux. Il en va de même côté musique, les crevards doivent en chier incroyablement sous leur cagoules de latex, mais ils tiennent le truc. Y a pas à discuter, les quatre ont bossé depuis la dernière fois. Là aussi le propos s’est resserré et gagne du coup en efficacité. La basse vous plaque au sol. Les derniers disques d’Unsane viennent à l’esprit. Alors, certains titres ont beau se perdre, on sent le groupe prêt à aller en découdre au Fuckfest en avril. Tant mieux.

ultracoït
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Après le mur noise d’Ultracoït, Brume Retina prend la relève. On continue sur le mode violence, mais dans un registre beaucoup moins lourd. Le son a beau être un peu confus (les guitares ressortant assez mal), les rasés s’en donnent tout de même à cœur joie. L’école hardcore reprend ses droits ! La plupart des morceaux du dernier album y passe. Malheureusement, de là où je suis, je ne comprends pas toujours tout (sans doute à cause du son), mais je suis quand même content de voir l’énergie que balance le groupe. Les gars se lâchent et le public en prend pour son grade. L’Agresse Gueule est bien là !

brume retina
brume retina

Après ces deux groupes bien brutaux, No Nebraska devrait ramener un peu de douceur et de vibration positive dans cette cave maintenant totalement remplie. On retrouve d’ailleurs beaucoup plus de filles au premier rang. Voilà deux ans qu’on ne les avait pas vu en France. Il faut dire que le groupe, éparpillé entre Berlin, Copenhague et Paris a bien du mal à se retrouver. Il vient pourtant de sortir un nouvel album et en profite pour donner une date unique ici même. Et nous sommes nombreux à répondre présents. Sur scène, No Nebraska, pour ceux qui ne connaîtrait pas, ce sont une clarinette-basse (l’originalité du groupe), une guitare et une batterie, dans une ambiance toujours festive. Et ce soir ne dérogera pas à la règle. Nous avons à nouveau droit aux ballons, cotillons, et nombreuses blagues de Chris, le chanteur guitariste. L’ambiance a beau être excellente, côté son, ce n’est pas ça. On a du mal à bien discerner la guitare qui se mélange avec la clarinette basse. On sent aussi que le groupe n’est pas au top. La mise en place des morceaux n’est pas parfaite. Pas facile de gérer le manque de répétition, mais ce soir, cela s’entend, malheureusement. Ça flotte un peu. Peu importe, ce ne sera pas le meilleur concert du groupe, mais l’énergie est là. No Nebraska ont assez de route dans les pattes et de bonne humeur en stock pour faire passer au public une excellente soirée. Ceux qui sont venus pour faire la fête et jouer avec des ballons sont même ravis. Et je le suis aussi, car je suis heureux de revoir ce groupe d’amis sur scène. De profiter de leur bonne humeur, et d’entendre les nouveaux morceaux live. Même si de ce côté là, vous l’aurez compris, je reste un peu sur ma faim… Mais leur CD rattrapera ce petit manque en rentrant, je le sais bien.

no nebraskano nebraska

Puis c’est au tour de Papaye de prendre place. Il semble y avoir un buzz autour du groupe avant même que son album soit sorti. Du coup, la cave du Rigoletto est plus que blindée quand il commence. Et d’entrée, on sait que ça va être du sérieux. Le son est parfait, exactement le même que sur disque. Les deux guitaristes combattent à coups de guitares dissonantes pendant que le batteur, extirpé de Pneu, ramène une dose de folie quasi techno aux digressions bien mentales. Du coup, le groupe a beau abuser de taping, et de constructions complexes, une énergie incroyable se dégage de leur concert. Et le public n’en attendait pas moins pour se lâcher complètement. Au bout de trois ou quatre morceaux, la salle entière se met à bouger, à sauter en l’air. Certains dont nous tairons les noms, portés par le public, s’essaient même à quelques brasses. L’ambiance est particulièrement bonne enfant. Sur scène, Papaye continue ses envolées techniques. J’ai rarement vu une ambiance si déchaînée pour un groupe d’inspiration tellement math-rock. Mais c’est vrai que ce soir, l’énergie quasi techno (sans doute dû à la batterie de JB, toujours inspirée par Lightning Bolt) prend le dessus. Ça saute de tous les côtés. Sur les têtes du public, on est passé de la brasse aux galipettes… c’est un beau bordel. Faut-il rappeler que le plafond ne doit pas être à plus de 2m10, 2m20 ? Le concert se termine en beauté sur le dernier morceau alors qu’à force de galipettes, une personne (dont nous tairons le nom à nouveau) se prend dans un fil d’alimentation pour un black out final parfaitement placé. Bref, une jolie fin dans le noir pour un concert de mathrock dont beaucoup de gens se souviendront.

photos : CG