Avant de lancer le disque, je sais déjà (merci la bio) que je m’apprête à visiter des « cathédrales sonores post-punk » (à quoi bon la demi-mesure me direz-vous) construites par « l’ex-leader » des « Arcade Fire français » (ça tape). On nous promet une « classe absolue » (décidément, la demi-mesure n’aura pas de prise sur Kythibong). Ça semble énorme dites-moi !

Mais ne soyons pas trop cynique, ce Piano Chat, alias Marceau Boré, s’en sort plutôt bien. Et c’est vrai qu’en dehors du fait que tout n’est pas toujours très en place, on a du mal à croire qu’il s’agit d’une seule et même personne. Le bonhomme rivalise avec bon nombre de groupes (sans les engueulades). Bien sûr, one man band oblige, les rythmiques restent simples, mais, contrairement à ce qu’on pouvait craindre, les boucles de guitare ne sont pas trop pesantes. Le bonhomme garde une approche chanson indie/post-punk qui permet de rendre l’exercice plus digeste. Et malgré un chant parfois fatigant (surtout sur « we always are foreigners » ou l’interminable « my muddy knees » qui se veulent plus intimistes), Piano Chat mélange assez habilement mélodies pop enjouées et riffs post-punk. A mi-chemin entre les voisins de Papier Tigre et les plus éloignés Arcade Fire (avec un détour par Battles pour le premier titre). Pour l’influence Papier Tigre, la similitude sur « Marymarymary » est tellement criante qu’elle en devient dérangeante (même si le morceau reste très réussi). Pour celle plus discrète des canadiens, on reste loin de leurs envolées (façon chorale) tant l’aspect one-man band rend la chose plus périlleuse (pas si loin d’un Clara Clara d’ailleurs).  Pas ce que je préfère dans ce disque (et s’il vous plaît ne me citez pas A Silver Mt Zion qui navigue loin de là). Pourtant, en sept titres, l’homme-totem Piano Chat arrive à me convaincre grâce à un savoir faire évident, et des morceaux qui, bien que sur le fil, m’entraînent dans leur danse. En tant pis pour certaines parties vocales un peu prétentieuses.

(CD 7 titres – Kythibong / Les Pourricords)

En écoute : Ours Molaire