Projet parallèle mené par Scott McCloud de Girls Against Boys, New Wet Kojak n’aura jamais réussi, malgré deux précédents albums sur Touch’n’Go, à imposer sa vision de la musique. Son premier album éponyme (sans aucun doute leur meilleure production à ce jour) avait bien suscité un petit intérêt, sans doute aidé par le succès de Girls Against Boys, mais le gâteau est retombé aussi vite. L’album était pourtant réussi. Leur deuxième essai (Nasty International), plus expérimental et très jazzy, fuyait le tube, comme pour donner une excuse à l’absence de réaction que provoquait la sortie d’un nouvel album du groupe. Trop abstrait et franchement moins inspiré, ce deuxième album enfonça définitivement le groupe dans l’oubli. Aujourd’hui, récupéré par le label hollandais Konkurrel, la troupe, composée pour l’occasion de Scott McLoud (of course), Charles Bennington, Nick Pellicciotto, Johnny Temple (confrère de GvsB) et Geoff Turner, nous livre 11 nouvelles chansons en demi-mesure. Si l’album se veut plus chaud que le précédent, légèrement plus rond, on reste tout de même dans un univers peu attirant, sans doute dû à son manque de couleur (notamment dans le son). Pour ceux qui connaissent la voix et le style de Scott McCloud – toujours parlé, voire susurré, sans envolé ni mélodie – vous pouvez sans peine imaginer la musique de cet album : c’est le même principe. Typiquement jazzy avec quelques influences electronic, de bons passages, des sonorités intéressantes, mais une obsession à ne jamais rendre entraînant les rythmes (même si on se laisse un petit plus aller que sur le précédent album), à ne jamais tomber dans le tubesque, à ne surtout pas faire prendre la sauce, ou, du moins, pas trop longtemps ! Et la pochette, d’ailleurs assez jolie, rappelant certains groupes electronic, insiste encore sur cette démarche. Encore un disque qu’il va falloir écouter de nombreuses fois avant d’en découvrir les trésors cachés.

(cd 11 titres – konkurrel)