Sous la pression du peuple vénézuélien et de l’opinion publique internationale, les militaires putschistes, soutenus par les américains, ont été contraints de laisser le président Chico Gomez revenir au pouvoir. Un peu plus tard, le gouvernement cubain peut donc reprendre les discussions avec Gomez et les chinois en vue de collaborer à un projet d’exploitation d’un gisement de pétrole situé dans leurs eaux territoriales. Mais les américains ne l’entendent bien sûr pas de cette oreille et sont prêts à tout ou presque pour empêcher ce rapprochement qui pourrait permettre à Cuba de redevenir économiquement autonome. C’est là que le tueur entre en scène. Ou plutôt Katia, qui lui donne un rendez-vous galant à Mexico pour mieux le piéger et l’obliger à travailler pour le gouvernement de son pays…

« Concurrence déloyale » poursuit donc le cycle « cubain » du « Tueur » qui a fait prendre un virage plus géopolitique et diplomatique à la série avec l’intrusion de son héros toujours aussi misanthrope (« à mon avis, le paradis n’existe pas car le problème, c’est l’homme lui-même, qui a fait de ce monde un enfer » assène-t-il dans cet épisode) en pleine « affaire vénézuélienne ».

Un choix des plus judicieux d’autant que le scénario se fait dans le même temps plus engagé et politique. En effet, alors que le tueur descend généraux vénézuéliens ou responsables arabes pour le compte des cubains, Matz, quant à lui, dézingue aussi à tout va : la politique étrangère étasunienne terroriste de ces dernières décennies, l’hypocrisie des pseudo-démocraties occidentales ou les bien-penseurs qui viennent donner des leçons à Cuba. Bref, la série, sous influence Chomsky, Zinn et consorts, est toujours aussi incisive et percutante (et superbement dessinée par Jacamon, ne l’oublions pas) et réserve en prime, dans cet épisode, une surprise scénaristique de taille (qui annonce peut-être un nouveau virage) : le tueur va monter sa propre affaire dans le pétrole avec Mariano et un ex-agent de la CIA…

 

(BD – casterman)