1951. Doris Greathouse a fait admettre Cora, sa petite fille de 7 ans, au Waverly Hills Sanatorium. Malade de la tuberculose, elle espérait que l’hôpital de Louisville, grâce à ses traitements ultra modernes, pourrait la guérir. Mais depuis leur arrivée, la jeune mère a l’impression de vivre un cauchemar éveillé ! Il y eut d’abord les visions lugubres de Cora : le sang dans les piscines et les fantômes errant dans le sanatorium, puis le traitement brutal -des électrochocs !- de ces troubles par un médecin dément, la découverte du « tunnel de la mort », creusé sous l’hôpital, permettant d’évacuer discrètement les corps des patients morts de la TB ou n’ayant pas survécu à la thoracoplastie (un autre traitement barbare pratiqué dans l’établissement) vers un crématorium ou encore l’apparition des premiers symptômes de la maladie dans son propre organisme…

Christophe Bec n’y va pas avec le dos de la cuillère, c’est le moins que l’on puisse dire ! Quitte à raconter une histoire parfaitement horrible et effrayante, autant y aller franchement, vous me direz. Et, du coup, le scénariste a rassemblé ici tout ce qui se fait de plus stressant et de plus éprouvant dans le genre. En vrac : un hôpital hanté, des expériences chirurgicales (trépanation, thoracoplastie) bien horribles menées par des savants aussi fous que sadiques, des convois de trains emmenant des cadavres vers un crématorium qui convoquent forcément l’image des camps d’extermination nazis, des médecins pourris qui abusent des infirmières, un directeur véreux qui fait disparaître les gêneurs…Le tout mis en scène par le dessin inquiétant au possible d’un Raffaele au diapason.

« Pandemonium » ne fait pas vraiment dans la finesse, vous l’avez compris, mais cette sorte de best of des films d’horreur et d’épouvante fait de l’effet, difficile de le nier (certaines scènes, à la limite du soutenable, mettent vraiment mal à l’aise) et plaira à ceux qui aiment les sensations fortes. Pour les autres, c’est moins sûr.

 

(BD – soleil)